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Page mise à jour le 19/02/2026

L’actionnariat salarié : comment ça marche ?

L’actionnariat salarié permet d’associer vos collaborateurs au développement de votre entreprise en leur ouvrant l’accès à son capital, dans un cadre juridique et fiscal avantageux. Au‑delà d’un outil d’épargne, il s’agit d’un véritable levier d’engagement, de fidélisation et de cohésion. Fonctionnement, avantages et étapes de mise en place : le point pour comprendre et déployer l’actionnariat salarié simplement.

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Au sommaire de cet article :

L'actionnariat salarié : de quoi s'agit-il concrètement ? 

L’actionnariat salarié regroupe l’ensemble des dispositifs qui permettent aux salariés de détenir une part du capital de leur entreprise, que ce soit en achetant des actions à des conditions avantageuses ou en en recevant gratuitement

L’objectif : impliquer et associer les collaborateurs à la réussite économique de l’entreprise.

Qui peut en bénéficier ? 

En principe, tous les salariés d’une entreprise peuvent bénéficier d’un dispositif d’actionnariat salarié, dès lors qu’un plan est mis en place.
Cependant, les conditions d’accès peuvent varier selon :

  • L’ancienneté minimale requise (souvent 3 mois) ;
  • Le type de contrat : CDI, CDD, alternants, parfois même les dirigeants assimilés salariés ;
  • Les règles internes définies par l’entreprise ou par accord collectif.

Dans quel type de structure ? 

L’actionnariat salarié peut être déployé dans différents types d’organisations :

  • Les entreprises cotées : ce sont les plus actives, avec des plans réguliers et encadrés ;
  • Les PME et ETI non cotées : elles y recourent de plus en plus pour fidéliser et attirer les talents ;
  • Les startups : elles utilisent souvent des outils spécifiques comme les BSPCE, adaptés à leur croissance ;
  • Les entreprises publiques ou parapubliques : certains dispositifs peuvent être proposés lors d’ouvertures de capital.

Pourquoi mettre en place l'actionnariat salarié : avantages et points de vigilance

Les principaux avantages

L’actionnariat salarié présente plusieurs atouts pour l’entreprise et ses salariés :

  • Un levier d’engagement et de fidélisation : en associant les salariés aux résultats, vous renforcez leur implication et votre marque employeur ;
  • Un climat social plus équilibré : en complément du salaire, le dispositif valorise le travail accompli et favorise un dialogue social plus serein ;
  • Un soutien au développement de l’entreprise : il peut constituer un apport en fonds propres pour financer des projets ;
  • Un outil utile en cas de transmission : il facilite l’entrée progressive de certains collaborateurs au capital ;
  • Un facteur de stabilité : l’ouverture du capital aux salariés limite les risques de prise de contrôle non souhaitée.

Des avantages fiscaux et sociaux pour les salariés

Pour les salariés, l’actionnariat salarié s’inscrit dans un cadre attractif, notamment via un plan d’épargne salariale :

  • Prix d’acquisition des actions potentiellement décoté ;
  • Exonération d’impôt sur le revenu sur les plus‑values, sous conditions, après cinq ans dans un PEE (hors prélèvements sociaux) ;
  • Exonération de cotisations sociales sur les sommes issues de l’épargne salariale utilisées pour l’achat des actions.

Les points de vigilance à anticiper

Avant de se lancer, certains éléments doivent être pris en compte :

  • Un dispositif à expliquer clairement : actions, valorisation ou période de blocage ne sont pas toujours connus des salariés ;
  • Un cadre juridique à sécuriser, variable selon le mécanisme choisi ;
  • Une communication interne indispensable, pour expliquer les droits, mais aussi les limites du dispositif ;
  • Un suivi dans le temps, l’actionnariat salarié s’inscrivant dans une démarche durable.

Des freins qui restent encore à lever

Aujourd’hui, seulement 9% des PME(1) françaises pratiquent l’actionnariat salarié. Les principaux freins identifiés sont :

  • La méconnaissance du dispositif ;
  • La complexité des outils de mise en œuvre ;
  • La crainte de perte de contrôle de l’entreprise ;
  • La crainte de complications en cas de transmission familiale de l’entreprise.

Pourtant, 86 % des entreprises françaises non cotées qui se sont dotées d’un dispositif d’actionnariat salarié s’en déclarent satisfaites, et 29 % envisagent même d’amplifier leur dispositif(1).
 

Les différentes formules d'actionnariat salarié 

Pour mettre en place l’actionnariat salarié au sein de votre structure, deux formules se révèlent particulièrement adaptées aux PME. 

1. L'attribution gratuite d’actions (AGA)

Accessible à tout type de société, l’AGA permet à une PME d’associer durablement ses salariés à sa croissance, en leur attribuant des actions sans aucun investissement financier.

Comment ça fonctionne ?
L’entreprise détermine le nombre d’actions pouvant être attribuées et les éventuelles conditions d’éligibilité (ancienneté, performance…). Une période d’acquisition débute durant laquelle les actions deviennent la propriété du salarié après une durée minimale, généralement 1 à 3 ans.  

S’ajoute ensuite une période de conservation durant laquelle il doit conserver l’action. À échéance, il peut faire le choix de la conserver ou de la céder :

  • En Bourse si la société est cotée ;
  • Via le système de liquidité prévu dans le plan d’aga si l’entreprise n’est pas cotée.

La loi n° 2023 1107(2) a considérablement renforcé l’attractivité des AGA pour les PME en augmentant les plafonds d’attribution :

  • Plafond global relevé de 10 % à 15 % du capital social pour toutes les entreprises ;
  • Possibilité d’aller jusqu’à 20 % dans les PME et micro entreprises, à condition que leurs statuts le prévoient ;
  • Plafonds majorés à 30 % ou 40 % lorsque l’attribution est collective, c’est à dire quand une large part des salariés est concernée (au moins 25 % des salaires et 50 % du personnel, ou 100 % des salariés selon les cas).

Cette réforme offre aux PME un cadre beaucoup plus flexible pour associer leurs salariés au capital.

Bon à savoir

Depuis la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025, le taux de la contribution patronale applicable aux actions gratuites (AGA) est fixé à 30 %(3).

2. Le bon de souscription de part de créateur d’entreprise (BSPCE) 

Dédié aux jeunes entreprises innovantes, et tout particulièrement aux start-ups, cette formule bénéficie d’une fiscalité plus légère que l’AGA.

Comment ça marche ?
L’entreprise attribue des bons donnant le droit d’acheter ultérieurement des actions à un prix fixé à l’avance. Le salarié exerce ensuite ses bons, puis peut revendre ses actions et bénéficier d’un gain potentiellement significatif lié à la croissance de l’entreprise.

Les BSPCE sont réservés aux SA et SAS de moins de 15 ans dont la valorisation n’excède pas 150 M€. Ils sont attribuables aux salariés assimilés, sous un cadre fiscal précis.

3 conseils pour mettre en place l’actionnariat salarié dans votre entreprise 

Conseil n°1 : définir sa stratégie 

Afin d’opter pour le dispositif d’actionnariat salarié le plus adapté à votre entreprise et à sa stratégie, il est essentiel de clarifier votre objectif en amont.

  • Transmission ?
  • Recherche de financement ?
  • Fidélisation ?
  • Projet tourné vers l’ensemble des collaborateurs ou uniquement les managers ?
  • Gratification uniforme ou modulable selon le poste occupé, le niveau de responsabilité, l’implication… ?

Conseil n°2 : vous faire accompagner 

La mise en place de l’actionnariat salarié gagne à être construite avec des partenaires spécialisés, afin de sécuriser le dispositif et de l’adapter à la situation de votre entreprise. Banque, établissement financier, cabinet de conseil ou expert juridique peuvent vous accompagner pour définir les modalités technico‑financières, anticiper les impacts juridiques et clarifier les choix à opérer.

Cet accompagnement permet notamment de déterminer comment les salariés détiendront les parts de capital. Deux grandes options existent :

  • Une détention directe, lorsque les salariés possèdent eux‑mêmes des actions de l’entreprise sur un compte à leur nom ;
  • Ou une détention collective, via un fonds spécialement dédié, intégré à un plan d’épargne salariale.

Le choix dépendra principalement de la taille de l’entreprise, du nombre de salariés concernés et du niveau de simplicité recherché, d’où l’intérêt de s’entourer dès le départ des bons interlocuteurs.

Conseil n°3 : communiquer clairement le dispositif 

Quel que soit le dispositif d’actionnariat salarié retenu, sa réussite repose en grande partie sur une communication claire, régulière et inscrite dans la durée. Il est important d’expliquer la démarche par des canaux adaptés à votre entreprise : prise de parole du management, relais par des interlocuteurs internes identifiés, supports pédagogiques simples, réunions d’information ou contenus en ligne.

Cette communication doit poursuivre trois objectifs essentiels :

  • Donner du sens au projet, en expliquant les motivations de l’entreprise (partage de la valeur, fidélisation, accompagnement du développement, préparation d’une transmission) ;
  • Rendre le dispositif compréhensible, en présentant de façon simple les règles clés : conditions d’attribution, durée de détention, droits associés, modalités de cession ou de gain ;
  • Instaurer un climat de confiance, en étant transparent sur les avantages comme sur les limites du dispositif.

 

L’actionnariat salarié constitue un levier puissant pour associer vos collaborateurs à la performance de votre entreprise, tout en renforçant votre attractivité et votre stabilité à long terme. Qu’il prenne la forme d’AGA, de BSPCE ou d’un dispositif plus large, son efficacité repose surtout sur une stratégie claire, un accompagnement adapté et une communication simple et pédagogique. Bien construit et bien expliqué, il devient un véritable outil de partage de la valeur et de fidélisation durable.

Sources : 
(1) Opinionway pour Eres – 2025 - Étude sur l’actionnariat salarié non coté en France
(2) Légifrance – 2023 - Article L225-197-1
(3) Légifrance – 2025 – Loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025

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