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Page mise à jour le 10/09/2026
Employeur : comment soutenir et accompagner vos salariés aidants ?
Avec le vieillissement de la population, le nombre de salariés aidants ne cesse d'augmenter. Ces collaborateurs jonglent entre leur activité professionnelle et l'accompagnement d'un proche âgé, malade ou en situation de handicap. Comment identifier leurs besoins ? Quels sont leurs droits ? Quelles actions mettre en place pour les soutenir au quotidien ? Tour d'horizon des bonnes pratiques pour les employeurs.
Au sommaire de cet article
Qu'est-ce qu'un salarié aidant ?
L’aidant familial ou proche aidant est une personne qui apporte son aide à titre non professionnel, pour une partie ou la totalité des actes essentiels de la vie quotidienne d’une personne âgée et/ou en situation de dépendance.
Il peut s’agir :
- Du conjoint (marié, concubin ou partenaire de pacs) ;
- D’un parent (ascendant, descendant ou collatéral jusqu’au 4e degré c’est-à-dire un frère, une sœur, un cousin, une nièce, un oncle…) ;
- De toute autre personne entretenant des « liens étroits et stables » avec le proche aidant.
Le Code du travail ne prévoit pas de statut officiel de salarié aidant. En revanche, certains dispositifs permettent de reconnaître la situation d'aidance, notamment pour bénéficier du congé de proche aidant ou de certaines aides et prestations. Le salarié doit alors fournir les justificatifs nécessaires à l'organisme ou à l'employeur concerné.
Pourquoi les entreprises doivent-elles s'emparer du sujet ?
Longtemps considéré comme une problématique relevant uniquement de la sphère privée, le rôle de proche aidant s'invite aujourd'hui dans le quotidien de nombreuses entreprises. Avec le vieillissement de la population et l'allongement de la durée de vie, le nombre de salariés qui accompagnent un proche âgé, malade ou en situation de handicap ne cesse d'augmenter.
Cette situation peut avoir des répercussions sur la vie professionnelle des collaborateurs : fatigue, stress, difficultés d'organisation, absentéisme ponctuel ou encore renoncement à certaines opportunités d'évolution. Lorsqu'ils ne sont pas accompagnés, les salariés aidants sont davantage exposés au risque d'épuisement physique et mental.
Pour les entreprises, l'enjeu dépasse donc la seule dimension sociale. Soutenir les salariés aidants contribue également à préserver la qualité de vie au travail, à limiter les risques de désengagement et à renforcer l'attractivité de la marque employeur. À l'inverse, l'absence de dispositifs adaptés peut fragiliser les parcours professionnels et entraîner une perte de compétences au sein de l'organisation.
Bon à savoir
En France, 8 à 11 millions de personnes accompagnent régulièrement un proche âgé, malade ou en situation de handicap. Parmi elles, 61 % exercent une activité professionnelle. D'ici 2030, un salarié sur quatre pourrait être concerné par l'aidance, faisant de ce sujet un enjeu croissant pour les entreprises(1).
Quels sont les droits des salariés aidants ?
Le congé de proche aidant
Le congé de proche aidant permet à un salarié de suspendre temporairement son activité professionnelle pour accompagner un proche en situation de handicap ou en perte d'autonomie.
Sauf dispositions plus favorables prévues par un accord collectif ou une convention collective, ce congé est accordé pour une durée maximale de trois mois renouvelables, dans la limite d'un an sur l'ensemble de la carrière(2).
Le salarié peut prendre ce congé de manière continue, fractionnée ou, avec l'accord de l'employeur, sous forme de temps partiel. La demande doit être adressée à l'employeur dans un délai fixé par la réglementation ou les accords applicables. Toutefois, le congé peut débuter sans délai en cas d'urgence, notamment :
- En cas de dégradation soudaine de l'état de santé de la personne aidée ;
- Lors d'une situation de crise nécessitant une présence indispensable ;
- En cas de cessation brutale de l'hébergement de la personne aidée.
Lorsque les conditions légales sont réunies, l'employeur ne peut pas refuser ce congé.
Pendant cette période, le contrat de travail est suspendu. Le salarié peut toutefois bénéficier, sous certaines conditions, de l'allocation journalière du proche aidant (AJPA).
Le congé de solidarité familiale
Le congé de solidarité familiale permet à un salarié d'accompagner un proche dont le pronostic vital est engagé ou qui se trouve en phase avancée ou terminale d'une affection grave et incurable.
Ce congé peut être pris à temps plein ou, avec l'accord de l'employeur, sous forme fractionnée. Sa durée maximale est de six mois (trois mois renouvelables une fois)(3). Aucune condition d'ancienneté n'est requise pour en bénéficier.
Pendant cette période, le contrat de travail est suspendu. Le salarié peut percevoir, sous certaines conditions, l'allocation journalière d'accompagnement d'une personne en fin de vie (AJAP). Pour en bénéficier, l'employeur doit lui remettre une attestation précisant qu'il bénéficie d'un congé de solidarité familiale. Le salarié doit ensuite adresser au Centre national de gestion des demandes d'allocations journalières d'accompagnement d'une personne en fin de vie (Cnajap) cette attestation complétée ainsi que le formulaire de demande d'AJAP.
Le congé de présence parentale
Le congé de présence parentale est destiné aux salariés dont l'enfant à charge est atteint d'une maladie, d'un handicap ou victime d'un accident d'une particulière gravité rendant indispensables une présence soutenue et des soins contraignants. Aucune condition d'ancienneté n'est exigée pour en bénéficier.
La demande de congé doit être accompagnée d'un certificat médical établi par le médecin qui suit l'enfant. Ce document doit attester de la gravité de la situation, de la nécessité de soins contraignants et de la présence soutenue du parent auprès de l'enfant.
Le salarié bénéficie d'un crédit maximal de 310 jours ouvrés d'absence (renouvelable une fois également), utilisable au cours d'une période de 36 mois (trois ans) pour un même enfant et une même pathologie(4). Pendant ce congé, le contrat de travail est suspendu et le salarié n'est pas rémunéré par son employeur. Il peut toutefois, sous certaines conditions, percevoir l'allocation journalière de présence parentale (AJPP) versée par la CAF ou la MSA(4).
Comment accompagner concrètement les salariés aidants ?
Au-delà des dispositifs légaux existants, les entreprises disposent de plusieurs leviers pour aider leurs collaborateurs à mieux concilier leur activité professionnelle et leurs responsabilités d'aidant.
Informer sur les ressources et les dispositifs existants
De nombreux salariés ignorent leurs droits ou les aides auxquelles ils peuvent prétendre. Communiquer régulièrement sur les congés spécifiques, les aides financières ou les solutions locales d'accompagnement peut faciliter les démarches et encourager les salariés concernés à se faire connaître. Il est également utile de faire connaitre les ressources disponibles pour les accompagner au quotidien, comme les assistantes sociales du travail, les plateformes d'accompagnement et de répit, ou les encore les associations spécialisées telles que l'Association Française des Aidants, qui propose information, écoute et soutien aux aidants.
Bon à savoir
58 % des salariés aidants et 72 % des non-aidants ne s’estiment pas suffisamment informés sur le sujet de l’aidance(1).
Favoriser la flexibilité du travail
L'aménagement des horaires, le télétravail ponctuel ou régulier, l'adaptation des déplacements professionnels ou encore le recours au temps partiel peuvent permettre aux salariés aidants de mieux gérer leurs contraintes personnelles tout en poursuivant leur activité professionnelle.
Former les managers
Les managers sont souvent les premiers interlocuteurs des salariés aidants. Les sensibiliser à cette réalité leur permet de mieux comprendre les difficultés rencontrées, de repérer d'éventuelles situations de fragilité et d'orienter les collaborateurs vers les ressources adaptées.
Encourager les dispositifs de solidarité
Certaines entreprises mettent en place des mesures complémentaires telles que le don de jours de repos, des aides financières ponctuelles ou encore un accompagnement social. Ces dispositifs peuvent constituer un soutien précieux lors de périodes particulièrement difficiles.
Créer un climat de confiance
La situation d'aidance reste souvent méconnue ou peu exprimée en entreprise. Favoriser un environnement de travail bienveillant, dans lequel les salariés se sentent libres d'évoquer leurs difficultés, contribue à prévenir l'isolement et à trouver plus rapidement des solutions adaptées.
Préserver la santé des salariés aidants
Cumuler activité professionnelle et accompagnement d'un proche peut générer une forte charge mentale. Selon l'Observatoire OCIRP Salariés Aidants 2025, 44 % des salariés aidants déclarent rencontrer des difficultés en matière de santé mentale, une proportion qui atteint même 60 % chez ceux qui accompagnent leur conjoint(1). Les entreprises peuvent agir en proposant des actions de prévention, un accompagnement psychologique ou encore des espaces d'échange entre salariés aidants afin de limiter les risques d'épuisement et d'isolement.
À retenir
- Un salarié aidant accompagne régulièrement un proche âgé, malade ou en situation de handicap tout en exerçant une activité professionnelle.
- Les salariés aidants sont de plus en plus nombreux dans les entreprises et peuvent être confrontés à une charge mentale importante, source de fatigue et de stress.
- Plusieurs dispositifs existent pour les soutenir, notamment le congé de proche aidant, le congé de solidarité familiale et le congé de présence parentale.
- Les employeurs peuvent agir concrètement grâce à des mesures de flexibilité, d'information, de sensibilisation des managers et d'accompagnement des collaborateurs concernés.
- Mieux accompagner les salariés aidants permet de prévenir les risques d'épuisement, de favoriser l'engagement des équipes et de renforcer la qualité de vie au travail.
- Soutenir les salariés aidants n'est pas seulement une démarche sociale : c'est également un enjeu RH, managérial et de responsabilité sociétale pour l'entreprise.
Accompagner les salariés aidants ne relève pas uniquement d'une démarche de solidarité : c'est aussi un levier de qualité de vie au travail, d'engagement et de fidélisation des collaborateurs. En combinant information, écoute et flexibilité, les employeurs peuvent contribuer à mieux concilier contraintes professionnelles et personnelles tout en prévenant les risques d'épuisement.
FAQ : employeurs, vos questions sur les salariés aidants
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Comment identifier un salarié aidant dans son entreprise ?
La plupart des salariés aidants ne se déclarent pas spontanément. Des signes tels qu’une fatigue inhabituelle, des demandes récurrentes d’aménagement d’horaires ou des absences imprévues peuvent toutefois alerter. L’essentiel reste de créer un climat de confiance permettant aux collaborateurs d’évoquer leur situation sans crainte.
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Pourquoi aborder le sujet des aidants dans une démarche RH ou RSE ?
Mieux accompagner les salariés aidants contribue à améliorer la qualité de vie au travail, à renforcer l’engagement des collaborateurs et à préserver les compétences au sein de l’entreprise. C’est également un levier d’attractivité et de fidélisation.
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Quels acteurs peuvent accompagner les salariés aidants ?
Au-delà de l’employeur, les salariés aidants peuvent être orientés vers les services sociaux, les associations spécialisées, les plateformes d’accompagnement des aidants ou encore les dispositifs proposés par leur protection sociale complémentaire.
Sources :
(1) OCIRP – octobre 2025 - Les résultats de l’Observatoire OCIRP/Viavoice Salariés aidants 2025
(2) Service.public.gouv.fr – juin 2026 - Congé de proche aidant
(3) Service.public.gouv.fr – avril 2025 - Congé de solidarité familiale d'un salarié
(4) Legifrance – 24 juillet 2026 - Code du travail, article L1225-62
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