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Page mise à jour le 22/12/2025
Le contrat de travail saisonnier : quelles sont les règles ?
Tourisme, restauration, commerce, agriculture… De nombreux secteurs connaissent des pics d’activité saisonniers qui nécessitent des renforts temporaires. Le recours aux travailleurs saisonniers est alors une solution courante. Si ce type de contrat offre de la flexibilité, il est aussi soumis à un cadre juridique précis. Conditions de recours, durée, droits et obligations de l’employeur : le point pour recruter des saisonniers en toute conformité.
Au sommaire de cet article :
Qu’est-ce qu’un contrat de travail saisonnier ?
Le contrat de travail saisonnier est un contrat à durée déterminée (CDD) qui permet de recruter des travailleurs saisonniers pour l’exécution d’une tâche appelée à se répéter chaque année, à une période à peu près fixe (par exemple, chaque hiver ou chaque été). Ce pic d’activité doit être indépendant de votre volonté.
Un contrat pour des besoins temporaires, mais réguliers
Le contrat de travail saisonnier s’applique lorsque l’activité de votre entreprise connaît des variations régulières et prévisibles, par exemple lors :
- Des vendanges ou récoltes agricoles ;
- De la saison touristique estivale ou hivernale ;
- De la période des fêtes de fin d’année dans le commerce ;
- De l’afflux saisonnier de clientèle dans la restauration…
La différence avec un CDD classique
Même si le contrat saisonnier fait partie de la « famille » des CDD et permet également de répondre à un besoin ponctuel, il présente plusieurs spécificités :
- Il est lié à la saisonnalité de l’activité, c’est-à-dire à des variations d’activité régulières et cycliques, qui reviennent chaque année à la même période, et non à un besoin ponctuel exceptionnel. Un simple accroissement d’activité ne suffit donc pas à embaucher un travailleur saisonnier ;
- Il peut être renouvelé d’une saison à l’autre ;
- Il n’ouvre pas droit à la prime de précarité de 10 % en fin de contrat comme avec un CDD (sauf si un accord collectif prévoit le contraire).
Les conditions légales du contrat saisonnier
Le recours au contrat de travail saisonnier est strictement encadré par le Code du travail.
Les activités concernées
Seules les activités dont le caractère saisonnier est reconnu peuvent y recourir. Il s’agit, le plus souvent, d’entreprises exerçant dans les secteurs de :
- L’agriculture ;
- L’hôtellerie et la restauration ;
- Le tourisme et les loisirs ;
- Certains commerces.
Vous ne pouvez conclure un contrat saisonnier pour embaucher uniquement pendant une période qui coïncide avec l’ouverture ou le fonctionnement de votre entreprise (par exemple, si vous cherchez un renfort pendant les quelques mois d’ouverture de votre hôtel dans une station de ski).
La durée du contrat
Le contrat de travail saisonnier peut être conclu sans fin précise. Mais il doit alors mentionner une durée minimale (librement fixée entre vous et votre collaborateur) et prendre fin à l’achèvement de la saison. Dans tous les cas, un tel contrat ne peut pas excéder 8 mois par an (ou 6 mois pour un travailleur étranger).
Si vous décidez de conclure le contrat pour une durée précise, de date à date, vous avez la possibilité de le renouveler deux fois dans la même année, mais toujours dans la limite des 6 ou 8 mois.
Les mentions obligatoires
Le contrat doit obligatoirement être écrit et remis au salarié dans les 48 h suivant l’embauche. Il doit notamment mentionner les informations suivantes :
- Le motif saisonnier du contrat ;
- La durée ou le terme du contrat ;
- Le poste occupé ;
- La rémunération ;
- La durée du temps de travail ;
- La convention collective applicable ;
- La clause de reconduction, si nécessaire.
En l’absence de motif saisonnier mentionné sur le contrat, celui-ci est automatiquement considéré comme conclu pour une durée indéterminée. Veillez donc bien à le préciser.
Modèle de contrat
Vous trouverez de nombreux exemples de contrats saisonniers en ligne. Voici, par exemple, un modèle fourni par le site gouvernemental Code du travail numérique. Il s’agit d’un modèle de CDD mais il précise les mentions à adapter pour un contrat saisonnier.
Les obligations de l’employeur
Employer un salarié saisonnier implique les mêmes obligations sociales et de sécurité que pour tout autre salarié. Avant la prise de poste du travailleur saisonnier, vous devez :
- Effectuer la déclaration préalable à l’embauche (DPAE) auprès de l’Urssaf ;
- Inscrire le travailleur saisonnier sur le registre du personnel ;
- Remettre un contrat de travail conforme par écrit (vous avez jusqu’à 48 h après la prise de poste) ;
- Si le poste l’exige, former le salarié aux règles de sécurité pour prévenir les risques ;
- Vous conformer aux règles spécifiques de votre convention collective en matière d’emploi saisonnier : primes, durée minimale du contrat, conditions de logement et de transport, indemnités particulières…
Le saviez-vous ?
Il est possible d’embaucher un travailleur saisonnier mineur, sous certaines conditions.
L’âge minimum est de 16 ans (ou 14 ans pendant les vacances scolaires, dans des cas spécifiques).
L’employeur doit obtenir l’autorisation des parents, respecter une durée de travail adaptée, et veiller à ce que le mineur ne travaille pas de nuit ni dans des conditions dangereuses.
Pour les salariés de moins de 16 ans, une déclaration préalable à l’inspection du travail est obligatoire.
Les droits du salarié saisonnier
Un travailleur qui a effectué au moins deux mêmes saisons dans votre entreprise sur deux années consécutives a droit à la reconduction de son contrat de travail, dès lors qu’un poste d’emploi saisonnier compatible se présente.
Concernant l’ancienneté d’un travailleur saisonnier, vous devez additionner la durée de l’ensemble des contrats de travail saisonnier dont il a bénéficié auprès de vous, même s’ils ont été interrompus par des périodes sans activité dans votre entreprise.
L’indemnité de précarité, habituellement versée en fin de CDD, n’est pas due dans le cadre d’un contrat saisonnier. En revanche, votre salarié a droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois, généralement versés sous forme d’indemnité compensatrice en fin de contrat.
Toutes ces règles s’appliquent sous réserve des dispositions déjà prévues en la matière par un accord collectif de branche ou d’entreprise.
Avantages et inconvénients du contrat saisonnier
Le contrat saisonnier est souvent une solution naturelle pour faire face à une hausse temporaire d’activité. Avant d’y recourir, il est toutefois important d’en mesurer les atouts comme les limites, afin de sécuriser vos recrutements et d’éviter les erreurs.
Les avantages du contrat saisonnier
- Une réponse adaptée aux pics d’activité : le contrat saisonnier permet de renforcer vos équipes pendant les périodes de forte affluence (récoltes, saison touristique, périodes de vente), sans vous engager sur le long terme ;
- Une grande souplesse d’organisation : contrairement au CDD classique, le contrat saisonnier n’est pas soumis à une durée maximale stricte, dès lors que le caractère saisonnier de l’activité est avéré ;
- La possibilité de retrouver les mêmes salariés d’une saison à l’autre : grâce à une clause de reconduction, vous pouvez faire appel aux mêmes profils, déjà formés à votre activité et à vos méthodes ;
- Un coût maîtrisé : aucun versement de prime de précarité n’est dû à la fin du contrat, ce qui représente un avantage financier non négligeable.
Les inconvénients du contrat saisonnier
- Un cadre juridique exigeant : le recours au contrat saisonnier doit être précisément justifié. L’activité concernée doit réellement présenter un caractère saisonnier ;
- Un risque de requalification en CDI en cas d’erreur, notamment si le contrat est mal rédigé ou utilisé en dehors de situations réellement saisonnières ;
- Des obligations spécifiques à respecter (durée du travail, enchaînement des contrats, nature des missions), qui nécessitent une vigilance particulière de la part de l’employeur.
Le contrat saisonnier est un outil précieux pour répondre à des besoins ponctuels de main‑d’œuvre, à condition d’en maîtriser les règles. S’il offre une réelle souplesse pour faire face aux pics d’activité, il repose sur un cadre juridique strict qui impose rigueur et anticipation.
Conditions de recours, durée du contrat, statut du salarié, formalités obligatoires : chaque étape doit être sécurisée pour éviter les risques de requalification ou de contentieux. En prenant le temps de bien préparer vos recrutements et de vous entourer des bons repères, le contrat saisonnier peut devenir une solution efficace et sécurisée, au service de l’activité et de la continuité de votre entreprise.
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