Connexion Pro

Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Page publiée le 14/01/2026

Expert-comptable : comment aider vos clients à passer à la facturation électronique ?

À partir de 2026, la facturation électronique devient obligatoire pour toutes les entreprises… et un défi technique et réglementaire pour les experts-comptables. Entre choix des outils, sécurisation des flux et prévention des erreurs, votre rôle est plus stratégique que jamais. Découvrez comment préparer dès maintenant votre cabinet d’expertise comptable à cette transformation majeure.

© Adobestock - Nuttapong punna

Au sommaire de cet article : 

Facture électronique : ce qui change pour les experts-comptables

La réforme de la facturation électronique marque un tournant opérationnel pour les entreprises : l’expert-comptable doit maîtriser les échéances légales et les standards techniques pour accompagner au mieux ses clients dans leur mise en conformité.

Communiquer le calendrier de la e-facturation

Première étape de la réforme : les entreprises auront l’obligation de recevoir des factures au format électronique à compter du 1er septembre 2026. Cela concerne principalement les entreprises assujetties à la TVA, domiciliées en France et émettant des factures B2B(1).

L’obligation d’émettre des factures électroniques sera mise en place progressivement : 

  • À partir du 1er septembre 2026 pour les grands groupes et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) ;
  • À partir du 1er septembre 2027 pour les TPE, les PME et les micro-entreprises.

Vos clients sont également soumis à l’obligation de e-reporting selon le même planning. Les entreprises concernées devront transmettre à l’administration certaines informations liées à des opérations non soumises à la facturation électronique, dont les transactions avec les particuliers par exemple. 

Votre rôle : informer vos clients de la future obligation de facturation électronique et de ce que cela implique pour eux.

Maîtriser les évolutions impliquées par la facturation électronique

En tant qu’expert-comptable, vous devez également pouvoir expliquer les grands changements qu’implique la réforme(2) :

  • L’obligation d’émettre des factures dans un format structuré conforme, à savoir UBL, CII ou Facture-X, imposant d’utiliser des solutions techniques dédiées ;
  • Le rôle des plateformes agréées (PA), sur lesquelles les factures devront obligatoirement transiter, avant d’être transmises au portail public de facturation (PPF) ;
  • La possibilité d’utiliser une Plateforme de Dématérialisation Partenaire (PDP), jouant le rôle d’intermédiaire entre l’entreprise et une plateforme agréée ;
  • Le choix d’une PA pour la réception et d’une ou de plusieurs PA pour l’émission des factures.

En d’autres termes, vos clients ne pourront plus créer de factures au format PDF, ni les envoyer par e-mail à leurs destinataires. De quoi bouleverser leurs process.

Des attentes fortes des entreprises envers leur expert comptable

Selon la 5e vague du Baromètre de la facturation électronique (OpinionWay pour le CNOEC et ECMA, juillet 2025), plus de la moitié des entreprises attendent un accompagnement de leur expert comptable pour les guider dans le déploiement de la e-facture : 

  • 74 % des entreprises connaissent la réforme, mais 42 % n’en ont qu’une vision globale ;
  • 67 % souhaitent recevoir des informations claires sur la facturation électronique ;
  • 58 % attendent des conseils de leur expert-comptable pour choisir une plateforme PDP ;
  • 72 % sont intéressées par de nouvelles offres liées à la e‑facture (accompagnement, traitement, tableaux de bord) ;
  • 59 % plébiscitent l’accompagnement au changement.

À retenir : la profession est identifiée comme partenaire clé de la transition, avec des attentes fortes sur l’information, le cadrage outillé (PA, PDP) et la mise en conformité opérationnelle

Préparer votre cabinet à la e-facturation

Vous devez vous aussi faire évoluer les pratiques de votre cabinet afin d’être en mesure d’accompagner vos entreprises clientes dans leur passage à la e-facturation. Cela passe notamment par : 

  • Analyser votre portefeuille clients pour catégoriser les obligations et contraintes auxquelles ils sont soumis, mais aussi pour cartographier le volume et la nature de leurs factures ;
  • Prioriser les dossiers présentant le plus de risques, notamment en raison du volume de factures, des enjeux financiers identifiés ou encore du degré de maturité de vos clients sur la réforme ;
  • Mettre en place un rétroplanning comportant toutes les actions à mettre en œuvre jusqu’à l’échéance : nettoyage de la base de données, tests, plan de formation des collaborateurs, etc ;
  • Collaborer avec des acteurs de référence, tels que France Num, Bpifrance, les éditeurs de logiciels et les plateformes agréées par exemple.

Facturation électronique : quel est votre rôle en tant qu’expert-comptable ?

Audit des process internes, conseil dans le choix d’une solution de facturation électronique, aide au déploiement et accompagnement dans l’usage des outils : l’expert-comptable doit endosser de nombreux rôles pour accompagner au mieux ses clients dans cette transition.

Aider vos clients à choisir leurs solutions de facturation électronique

Avant tout, vous devez analyser la solution de facturation actuellement utilisée par vos différents clients. Cette phase d’audit est notamment essentielle pour :

  • Vérifier si la solution utilisée est conforme et permet à l’entreprise de gérer le passage à la facturation électronique ;
  • Faire migrer vers une solution compatible les clients utilisant un logiciel non conforme ;
  • Recommander une PA pour la réception des factures en fonction des contraintes de l’entreprise ;
  • Recommander une ou plusieurs PA pour l’émission en fonction des marchés et des clients des entreprises ;
  • Vérifier les capacités d’interopérabilité entre les différents systèmes de l’entreprise : ERP, logiciel comptable, outils métiers, etc. ;
  • Inscrire vos clients sur l’annuaire centralisé, permettant à leurs propres clients de connaître la PA choisie pour la réception des factures.

Fiabiliser les données et les flux de e-facturation

Votre cabinet d’expertise comptable doit également accompagner les entreprises dans le déploiement de la solution de e-facturation, tout particulièrement pour ceux disposant d’une maturité numérique encore limitée. Pour cela, vous pouvez notamment :

  • Aider au nettoyage de la base de données tiers (fournisseurs, clients, etc.) : les informations des tiers doivent être présentées dans un même format et sans doublons pour permettre leur extraction automatique par le logiciel de facturation ;
  • Paramétrer les mentions obligatoires et leur intégration automatique dans des champs dédiés : adresse, Siret, numéro de TVA, IBAN, etc. ;
  • Mettre en place des protocoles de contrôle et de correction : assigner un correcteur en cas d’erreur, définir le canal de résolution en cas de facture rejetée, etc. ;
  • Réaliser une phase de testing avec des formats variés (UBL, Factur-X, etc.), des cas particuliers (acomptes, avoirs, etc.) et différents parcours de validation (erreur, rejet, correction, etc.) ;
  • Vérifier les process d’archivage des factures, mais aussi des preuves d’envoi et de réception.

Accompagner la prise en main des outils de e-facturation

Pour assurer la conduite du changement, votre cabinet doit idéalement accompagner les entreprises dans l’usage des outils de e-facturation. Vous pouvez entreprendre différentes actions auprès de vos clients :

  • Conseiller sur les rôles et les responsabilités chez vos clients : les personnes en charge de l’émission des factures et des corrections, mais aussi celles qui disposent des accès pour contrôler les process ;
  • Assurer des sessions de formation auprès des collaborateurs intervenant dans le process de facturation : le directeur administratif et financier, la comptabilité et les commerciaux par exemple ;
  • Proposer la création de tableaux de bord pour faciliter le suivi des indicateurs : taux de rejet par motif, délai moyen de paiement, nombre de litiges ouverts, etc. ;
  • Instaurer un reporting trimestriel pour permettre à l’entreprise de remonter les points problématiques.

E-facturation : quels risques en cas d’erreur ou de défaillance ?

En cas d’erreurs liées à la facturation électronique, les risques sont bien souvent partagés entre l’entreprise et le cabinet d’expertise comptable. D’où l’importance de sécuriser au mieux votre intervention.

Des conséquences plurielles pour le cabinet d’expertise comptable

Plusieurs défaillances opérationnelles peuvent amener votre entreprise cliente à être en défaut vis-à-vis de ses nouvelles obligations liées à la facturation électronique : 

  • L’édition de factures non-conformes, pouvant entraîner des rejets à la chaîne et augmenter les délais de paiement ;
  • La non-transmission des factures si les flux entre la solution de facturation et la PA ne sont pas automatisés correctement ;
  • Une rupture du e-reporting en l’absence de déclaration des informations obligatoires non-soumises à la e-facturation.

À savoir : le montant de l’amende pour chaque facture non-conforme est de 15 €, plafonné à 15 000 € par année civile(3).

Ces risques sont susceptibles d’impacter directement votre entreprise cliente : pénalités, contrôle fiscal, augmentation des délais de paiement, perte de confiance des partenaires, perte de marchés ou encore coûts supplémentaires pour gérer les factures rejetées. Mais ces situations vont également avoir des conséquences sur les relations du cabinet avec les entreprises, pouvant conduire à la mise en cause de votre responsabilité.

Les outils et solutions pour sécuriser l’intervention de votre cabinet

Il est impossible de réduire à zéro le risque d’erreur ou de défaillance. Toutefois, vous pouvez en limiter les conséquences en protégeant la responsabilité du cabinet. Pour cela, il est notamment recommandé de :

  • Détailler au maximum la lettre de mission afin de définir clairement le champ d’intervention du cabinet, les responsabilités des deux parties et les devoirs du client pour garantir sa conformité ;
  • Vérifier la couverture de votre assurance de responsabilité civile professionnelle (RC Pro) pour vous assurer qu’elle peut vous couvrir en cas d’erreurs de vos équipes en lien avec la facturation électronique ;
  • Souscrire une garantie de protection juridique professionnelle pour être accompagné en cas de litiges avec vos clients, mais aussi avec l’administration ;
  • Instaurer un dialogue régulier avec vos clients pour faire remonter le plus rapidement possible tout éventuel point problématique.

Le rôle d’accompagnement du cabinet

Face à la facturation électronique, le cabinet d’expertise comptable a un rôle d’architecte et de chef d’orchestre : expliquer la réforme, cadrer l’architecture outillée (réception/émission via plateformes), fiabiliser les données et sécuriser les parcours de facturation de ses clients.

Les grandes étapes d’accompagnement :

  1. Informer & cadrer : rappeler le calendrier et les attendus (formats structurés, plateformes, e-reporting) ; définir le périmètre de responsabilités cabinet/client.
  2. Auditer & choisir : analyser les outils et flux existants ; recommander l’architecture cible (solutions/plateformes) et inscrire les clients à l’annuaire de réception.
  3. Préparer les données & paramétrer : nettoyer la base tiers, mettre en place les mentions obligatoires et les contrôles de cohérence.
  4. Tester & corriger : réaliser des tests multi-cas (formats, avoirs/acomptes, rejets/corrections) ; formaliser le protocole de correction.
  5. Former & piloter : organiser la prise en main, suivre des KPI simples (taux de rejet, délais de correction, part de factures structurées) et instaurer un reporting régulier.
  6. Sécuriser : mettre à jour la lettre de mission et vérifier les garanties RC Pro / Protection juridique pour protéger la responsabilité du cabinet.

L’objectif : un cadre de conformité reproductible pour l’ensemble du portefeuille, qui réduit les rejets, accélère les encaissements et renforce la confiance entre le cabinet et ses clients.

La facturation électronique n’est pas qu’une obligation : c’est l’occasion de moderniser vos pratiques et de renforcer votre rôle de conseil. En guidant vos clients étape par étape — informer sur le calendrier, auditer leurs outils, fiabiliser les données et organiser les tests — vous sécurisez leur conformité tout en simplifiant vos process. Cette transition, bien préparée, devient un levier pour gagner en efficacité et en confiance.

Sources :
(1) Ministère de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique – 2025 – Tout savoir sur facturation électronique pour les entreprises
(2) France Num – 2025 – Facturation électronique entre entreprises : une obligation et des opportunités pour les TPE PME
(3) Finances publiques – 2025 – Foire aux questions – J’approfondis la facturation électronique

.


© AdobeStock - sebra

Gardez l’esprit serein avec l’option protection juridique pro MMA

Avec cette option (assurée et gérée par Covéa Protection Juridique), vous bénéficiez d’informations juridiques sur la règlementation française en vigueur. En cas de litige garanti, vous êtes accompagné par un juriste spécialisé en négociation pour trouver une solution amiable. Si celle-ci n'aboutit pas ou s’avère impossible, vous pouvez bénéficier d’un accompagnement dans la procédure judiciaire (prise en charge des frais de justice : honoraires d'avocat, expert, commissaire de justice) et explication des décisions.

Nos prises en charge sont faites en application des garanties/options souscrites et des conditions, limites et exclusions de garanties fixées aux conditions générales et aux conditions particulières du contrat d’assurance MMA PRO PME (CG 352), disponibles en agence ou sur mma.fr. Pour en savoir plus, contacter votre agent général MMA.

Voir tous les sujets de la thématique

Plus d’infos sur la réglementation

Votre Agent MMA

Trouver l'agence MMA la plus proche de chez vous.