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Page mise à jour le 05/02/2026

Comment obtenir le statut d’agriculteur en 6 étapes ?

En tant que jeune agriculteur, la première installation peut représenter un défi de taille. Il faut dire que de nombreuses conditions sont à remplir pour obtenir le statut d’agriculteur. En effet, ce dernier est soumis à une règlementation stricte et permet à ses bénéficiaires d’être couverts par la MSA et de bénéficier des aides liées à la protection sociale du régime agricole. Choix de l’activité et du statut juridique, surface minimale ou encore démarches administratives : suivez notre guide pour créer pas à pas votre exploitation agricole.

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Au sommaire de cet article : 

Choisir une activité donnant le droit au statut d’agriculteur

Le statut d’agriculteur, au sens propre du terme, est attribué à l’exploitant non-salarié agricole affilié à la Mutualité sociale agricole (MSA). Pour prétendre à cette affiliation, le chef d’exploitation doit exercer une activité relevant du régime agricole, définie par l’article L 722-1 du code rural et de la pêche maritime.

Dans l’optique d’obtenir le statut d’agriculteur, il est donc nécessaire d’exercer(1) :

  • Une activité de culture, quelle qu’en soit la nature : viticulture, arboriculture ou encore maraîchage ;
  • Une activité d’élevage, quel qu’en soit l’objet : élevages traditionnels (ovins, bovins, etc.), élevages spécialisés (animaux domestiques, apiculture, etc.), pisciculture ou encore conchyliculture ;
  • Une activité équestre : dressage, entraînement ou haras ;
  • Une activité forestière : récolte du bois (abattage, élagage, etc.), activités annexes (nettoyage des coupes, débroussaillement, etc.), façonnage, reboisement ou encore sylviculture ;
  • Une activité connexe : travail en prolongement de l’acte de production agricole (transformation et conditionnement de produits agricoles par exemple) et activité touristique.

Vérifier les conditions de diplôme pour devenir agriculteur

Il est possible de devenir agriculteur sans diplôme, à condition d’exercer une activité agricole réelle et régulière. Ce critère suffit pour obtenir le statut d’exploitant agricole, c’est à dire être reconnu comme professionnel du secteur, déclarer son activité et cotiser à la MSA.

Cependant, même si aucun diplôme n’est légalement obligatoire, un niveau de formation agricole demeure fortement recommandé. En effet, détenir un diplôme agricole facilite plusieurs démarches essentielles à l’installation :

  • Accéder plus facilement au foncier : la détention de certains titres peut rendre les locations ou acquisitions de terres plus simples dans les zones où la concurrence est forte ;
  • Justifier de compétences professionnelles auprès des banques, coopératives, fournisseurs ou structures d’accompagnement ;
  • Ouvrir droit à des aides financières, notamment l’Aide à l’installation des jeunes agriculteurs (AHA/AJA), qui exige un diplôme agricole ou un niveau de formation équivalent (article D343 3 du Code rural et de la pêche maritime) ;
  • Améliorer la gestion de l’exploitation : une formation offre des bases solides en agronomie, gestion, sécurité, réglementation et numérique.

L’obtention d’un diplôme n’est donc pas une obligation stricte pour exercer, mais elle constitue un véritable levier d’installation et un gage de crédibilité pour la réussite du projet agricole.

Trouver une exploitation agricole

Le plus souvent, l’exercice d’une activité agricole – et donc l’obtention du statut d’agriculteur – est conditionné à la détention d’un terrain et de bâtiments d’exploitation. Plusieurs solutions s’offrent à vous pour disposer de ces moyens de production :

  • Acheter une exploitation agricole et/ou du foncier ;
  • Louer une exploitation passant le plus souvent par la signature d’un bail à ferme et le paiement d’un loyer appelé fermage ;
  • Devenir exploitant associé au sein d’une exploitation existante.

Quel que soit votre projet, vous disposez de plusieurs outils et partenaires pour rechercher une exploitation ou des terres agricoles, vous pouvez notamment :

  • Utiliser le RDI : le Répertoire départemental d’installation met en relation des exploitants arrêtant leur activité (ou des sociétés recherchant des associés) et des agriculteurs souhaitant s’installer ;
     
  • Faire appel à la SAFER : la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural a pour mission d’accompagner les agriculteurs dans leur installation. À cette fin, elle peut jouer le rôle d’intermédiaire entre le cédant et l’acheteur, en fixant par exemple le prix de vente.

Atteindre l’activité minimale d’assujettissement

L’affiliation à la MSA et, par conséquent, l’obtention du statut d’agriculteur, sont aussi conditionnées à l’atteinte de l’activité minimale d’assujettissement (AMA). Pour cela, il est obligatoire de remplir au moins l’un des trois critères d’activité suivants (hors dérogations)(2) :

  • La surface minimale d’assujettissement (SMA) : pour obtenir le statut d’agriculteur, une surface minimale d’exploitation doit être atteinte. Cette surface peut varier selon les départements et est fixée par arrêté préfectoral. Pour trouver les informations relatives à votre SMA, vous pouvez consulter l'arrêté en vigueur (publié tous les 2 ans), le site de la préfecture ou encore demander directement à la MSA dont vous dépendez ;
     
  • Le temps de travail : si le critère de la superficie n’est pas atteint, il est possible d’obtenir votre statut d’agriculteur si le temps de travail nécessaire à la conduite de l’exploitation est d’au moins 1 200 heures par an ;
     
  • Le revenu professionnel : si les deux précédents critères ne sont pas respectés, il est malgré tout possible d’être affilié à la MSA si le revenu généré par votre exploitation est suffisant. Pour cela, il faut être un cotisant solidaire et avoir un revenu supérieur à 800 fois le SMIC horaire, soit environ 8 800 à 9 000 € selon l’année(3).

Statut “Agriculteur à titre secondaire”

Il est tout à fait possible de devenir agriculteur à titre secondaire, c’est à dire d’exercer une activité agricole en complément d’un emploi salarié ou d’une autre activité indépendante. L’exploitation reste réelle et déclarée, mais ne constitue pas l’activité principale du chef d’exploitation.

Pour être reconnu agriculteur, même à titre secondaire, il suffit de remplir l’un des trois critères AMA de la MSA :

  • Atteindre la Surface Minimale d’Assujettissement (SMA) fixée par arrêté préfectoral ;
  • Ou consacrer au moins 1 200 heures par an à l’activité ;
  • Ou générer un revenu agricole > 800 × le SMIC horaire.

Intérêts du statut : 

  • Affiliation à la MSA et reconnaissance officielle du statut d’exploitant.
  • Possibilité d’exploiter des terres, louer, acheter, ou s’associer.
  • Tester son activité agricole avant de basculer à titre principal.
  • Accès à certains accompagnements régionaux ou dispositifs locaux.

Ce statut donne une vraie légitimité professionnelle, tout en permettant de conserver une activité principale et de développer progressivement un projet agricole.

Choisir le bon statut : penser juridique, social et fiscal

Le statut juridique de l’exploitation (forme d’exercice)

Le choix de la forme juridique structure le fonctionnement de l’exploitation : gouvernance, responsabilité, gestion, transmission… Deux grandes voies existent.

L’entreprise individuelle (EI)

Une solution adaptée aux exploitants seuls (ou en famille via des statuts dédiés : co‑exploitant, aidant familial, conjoint collaborateur

  • Démarches de création et de gestion simples ;
  • Séparation de plein droit entre biens professionnels et personnels (statut unique d’entrepreneur individuel) ;
  • Possible évolution ultérieure vers une société.

Les sociétés agricoles (forme « sociétaire »)

Utile pour s’associer (en famille ou avec des tiers), la forme sociétaire permet de mutualiser les moyens humains, financiers et matériels tout en organisant clairement la gouvernance de l’exploitation : 

  • Statuts à rédiger, règles internes (assemblées, pouvoirs, cessions de parts) ;
  • Cadre plus structurant pour l’entrée/sortie d’associés et la transmission.

Les formes juridiques les plus courantes sont : les sociétés civiles (GAEC, EARL, SCEA) et les sociétés commerciales (SARL/EURL, SAS/SA, SNC).

Le statut social (affiliation, protection, conjoint)

Le statut social dépend en grande partie du statut juridique, mais aussi du rôle réel dans l’exploitation.
Quel que soit le cadre choisi, l’exploitant relève de la MSA s’il remplit l’un des critères d’AMA.

Quelques points de vigilance à retenir :

  • Affiliation MSA : chef d’exploitation à titre principal ou secondaire (pluriactivité possible).
  • Conjoint qui participe régulièrement : statut obligatoire depuis 2022 (au choix : conjoint collaborateur, salarié ou co exploitant).
  • Associés en société : selon la forme et la fonction (gérance, travail effectif), l’affiliation peut être MSA ou régime général (cas des présidents de SAS sans activité agricole effective, par ex.).
  • Droits sociaux : prestations maternité/invalidité, retraite, ATEXA… varient selon assiette et cotisations.

Le régime fiscal (imposition, TVA, options)

Le régime fiscal dépend à la fois de l’activité, du chiffre d’affaires et du statut juridique.

Impôt sur le revenu (IR - bénéfices agricoles) 

  • Micro BA : combine comptabilité allégée et abattement forfaitaire sur les charges ;
  • Réel simplifié / réel normal : déduction au réel des charges, amortissements, provisions (intéressant si investissements lourds).

Impôt sur les sociétés (IS) :

  • Taux d’IS, puis taxation des rémunérations/dividendes des dirigeants/associés ;
  • Utile si forts réinvestissements ou volonté de capitaliser.

La TVA peut relever soit de la franchise en base, qui dispense de facturer et de récupérer la TVA sous un certain seuil de chiffre d’affaires, soit du régime réel, qui permet de récupérer la TVA sur les investissements, un choix souvent pertinent lors d’une phase de démarrage ou de modernisation.

 

Déclarer votre exploitation agricole

Une fois ces différentes formalités réalisées, il vous sera nécessaire de déclarer votre création d’activité afin d’obtenir le statut d’agriculteur. Cela passe par trois démarches distinctes : 

  • L’autorisation d’exploiter : vous avez l’obligation d’effectuer une demande d’autorisation préalable d’exploiter avant toute installation. Réalisée auprès de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), cette démarche nécessite un délai d’instruction de quatre mois, c’est pourquoi il est préférable de l’anticiper ;
     
  • La déclaration de début d’activité : l’enregistrement auprès de votre CFE (Centre de formalités des entreprises) est l’une des conditions pour devenir agriculteur. Cette démarche consiste à déclarer le début de votre activité et doit le plus souvent être réalisée auprès de la Chambre d’agriculture ;
     
  • L’affiliation à la MSA : un dossier d’affiliation à la MSA est transmis suite à votre enregistrement au CFE. Permettant de définir votre statut social, il doit être complété et retourné à la MSA. Il vous permet notamment d’indiquer les parcelles utilisées, les activités réalisées ou encore le temps de travail nécessaire à l’exploitation.

FAQ – Les erreurs fréquentes lors de l’installation agricole

  • 1. Penser qu’un diplôme est obligatoire pour devenir agriculteur

    ❌ Faux.
    Un diplôme n'est pas obligatoire pour obtenir le statut d’exploitant.
    ✔ En revanche, il est indispensable pour obtenir la DJA et peut faciliter l’accès au foncier ou aux financements.

  • 2. Confondre “surface agricole” et “surface minimale d’assujettissement (SMA)”

    Beaucoup pensent qu’il suffit d’avoir quelques parcelles pour être affilié à la MSA.
    ✔ La SMA est fixée par arrêté préfectoral, varie selon les cultures, et constitue un vrai critère AMA, pas une simple surface indicative.

  • 3. Sous estimer la charge administrative de l’installation

    L’ordre des démarches est important :

    • Autorisation d’exploiter ;
    • Déclaration au CFE ;
    • Affiliation MSA.

    Les inverser peut retarder l’obtention du statut ou compliquer les contrôles.

  • 4. Oublier de choisir un statut pour le conjoint

    Depuis 2022, un conjoint qui participe régulièrement à l’exploitation doit obligatoirement choisir un statut :

    • Conjoint collaborateur,
    • Conjoint salarié,
    • Conjoint co-exploitant.

    Ne pas le faire vous expose à un risque de requalification et une absence de protection sociale.

  • 5. Ne pas anticiper le financement de l’installation

    Beaucoup de projets échouent faute de :

    • Plan de financement solide ;
    • Estimation réaliste du besoin en fonds de roulement ;
    • Contacts préalables avec banque, MSA, Chambre d’agriculture.

    L’installation demande un business plan solide.

  • 6. Croire que l’activité à titre secondaire exempt d’obligations

    Être agriculteur à titre secondaire ne dispense pas :

    • De respecter les critères AMA,
    • De déclarer son activité,
    • De payer des cotisations MSA,
    • De répondre aux règles sanitaires ou environnementales.
  • 7. Négliger la réglementation locale (baux ruraux, SAFER, urbanisme)

    Des projets d’achat ou d’installation échouent faute de :

    • Consultation préalable de la SAFER ;
    • Vérification des droits d’urbanisme ;
    • Compréhension des règles du bail rural ;
    • Anticipation des préemptions.

Devenir agriculteur nécessite de combiner une activité réelle, des démarches administratives structurées et un choix éclairé de statut juridique. Si aucun diplôme n’est obligatoire pour obtenir le statut, un niveau de formation agricole reste un atout majeur pour accéder au foncier, sécuriser son installation et bénéficier des aides. En comprenant les critères AMA, les règles d’affiliation et la diversité des formes d’exploitation, les futurs exploitants peuvent construire un projet viable, conforme et durable. L’essentiel : être bien accompagné et anticiper chaque étape de l’installation.

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