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Page mise à jour le 13/03/2026

Loi de finances 2026 : ce qui change pour les exploitants agricoles

La loi de finances 2026 apporte plusieurs ajustements qui concernent directement les exploitants agricoles : revalorisation de seuils, prolongation de dispositifs, nouveaux crédits d’impôt… Autant de mesures qui peuvent influencer vos choix, vos investissements ou la gestion courante de votre exploitation. Voici l’essentiel à retenir.

© Adobestock

Au sommaire de cet article :

La revalorisation dérogatoire du seuil du régime micro-BA

Le micro-bénéfice agricole (micro BA) est un régime fiscal simplifié destiné aux exploitants dont les recettes restent sous un certain seuil. Il repose sur un principe simple :

  • Vous déclarez vos recettes HT des trois dernières années ;
  • L’administration applique automatiquement un abattement forfaitaire de 87 %, avec un minimum de 305 € par an(1).

Ce régime convient particulièrement aux exploitations :

  • De petite ou moyenne taille ;
  • Dont les charges sont difficiles à détailler ;
  • Ou dont les recettes sont relativement stables.

Ce qui change en 2026

Le seuil du régime micro-BA pourrait être relevé autour de 129 200 € HT en 2026, selon plusieurs sources professionnelles(1). Cette évolution n’apparaît toutefois pas encore dans les textes officiels disponibles.

En pratique, de nombreux professionnels continuent donc de se référer au seuil habituel, autour de 120 000 €, en attendant une confirmation administrative formelle. Si vos recettes se situent à proximité du seuil, il est prudent de vérifier votre situation auprès de votre conseiller ou de votre centre de gestion afin de sécuriser votre régime pour l’année 2026.

La reconduction et l’augmentation du plafond de la Déduction pour Épargne de Précaution (DEP) 

La Déduction pour Épargne de Précaution (DEP) permet aux exploitants agricoles soumis au régime réel de réduire leur résultat imposable en mettant de côté une épargne destinée à absorber les aléas : dépenses imprévues, chute d’activité, difficultés climatiques ou économiques.

Le principe est simple :

  • Vous déduisez une partie de votre bénéfice imposable ;
  • Cette somme doit être placée en épargne ou utilisée pour certaines dépenses professionnelles ;
  • Elle peut être reprise fiscalement plus tard, lorsque vous en avez besoin.

La DEP est donc un outil de lissage du revenu, très utile pour gérer les variations parfois fortes d’une année sur l’autre.

Ce qui change en 2026

La loi de finances 2026 prolonge le dispositif jusqu’au 31 décembre 2028 et met à jour les plafonds annuels en fonction de l’évolution des prix(2).

Les nouveaux plafonds applicables en 2026 varient selon le niveau de bénéfice imposable(3) :

 

Bénéfice imposable

Plafond de la DEP

 Inférieur à 32 990 €

 100 % du bénéfice

 Entre 32 990 € et 61 092 €

 32 990 € + 30 % du bénéfice excédant 32 990 €

 Entre 61 092 € et 91 639 €

 41 421 € + 20 % du bénéfice excédant 61 092 €

 Entre 91 639 € et 122 184 €

 47 529 € + 10 % du bénéfice excédant 91 639 €

Supérieur ou égal à 122 184 €

50 585 €

L’extension du crédit d’impôt pour remplacement

Le crédit d’impôt pour remplacement permet aux exploitants agricoles de financer une partie des dépenses liées à un service de remplacement — que ce soit pour un congé, une formation ou un arrêt maladie. Ce dispositif reste un soutien important dans un métier où la présence quotidienne est souvent indispensable.

Ce qui change en 2026

La loi de finances 2026 maintient le dispositif et l’étend à un nouveau public : les exploitants agricoles exerçant également un mandat de maire dans une commune de moins de 1 000 habitants. Ils peuvent désormais bénéficier d’un crédit d’impôt de 50 % pour leurs jours d’absence liés à l’exercice du mandat, dans la limite de 12 jours par an(4).

Pour le reste, les règles générales demeurent inchangées : 

  • 60 % des dépenses de remplacement pour congé, dans la limite de 17 jours par an ;
  • 80 % en cas de maladie, accident du travail ou formation professionnelle.

La déduction fiscale de 150 € par vache

Instaurée par la loi de finances pour 2024, cette mesure permettait aux éleveurs de pratiquer une déduction exceptionnelle de 150 € par vache laitière ou allaitante inscrite en stock, lorsque la valeur de ces animaux augmentait de plus de 10 %, dans la limite de 15 000 € par an.

Ce qui change en 2026

Cette déduction n’est pas reconduite. En revanche, le dispositif déjà existant — la provision pour augmentation de la valeur des stocks de vaches (LF 2025) — est maintenu et sécurisé. Elle peut être pratiquée pour les exercices clos à compter du 1er janvier 2024 et reste applicable jusqu’au 31 décembre 2028(5).

Cette provision permet de compenser la hausse de la valeur comptable des animaux liée à l’inflation, afin d’éviter une hausse mécanique de l’impôt pour les élevages bovins.

La prolongation des crédits d’impôt « agriculture biologique » et « Haute Valeur Environnementale »

Ces deux crédits d’impôt soutiennent les exploitations engagées dans des pratiques plus durables :

  • Le crédit d’impôt “agriculture biologique concerne les exploitations dont au moins 40 % des recettes proviennent d’activités certifiées bio ;
  • Le crédit d’impôt HVE s’adresse aux exploitations obtenant la certification haute valeur environnementale.

Ces dispositifs constituent un coup de pouce fiscal pour accompagner ou maintenir ces démarches environnementales.

Ce qui change en 2026

Le crédit d’impôt “agriculture biologique” est prolongé de trois ans. L’augmentation envisagée n’ayant pas été retenue, le montant du crédit d’impôt reste fixé à 4 500 €(6).

Face à la progression des certifications HVE, le crédit d’impôt est prolongé d’un an pour les exploitations obtenant la certification en 2026. Son montant reste fixé à 2 500 €(7).

La création d’un crédit d’impôt « mécanisation collective »

Le crédit d’impôt “mécanisation collective” vise à soutenir les exploitants agricoles qui passent par une CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole) pour investir dans du matériel agricole ou forestier.

Il permet de récupérer une partie des dépenses engagées pour l’achat de machines mutualisées, ce qui facilite l’accès à des équipements coûteux tout en réduisant les charges d’exploitation.

Ce qui change en 2026

La loi de finances 2026 crée un dispositif pérenne(6) :

  • Remboursement de 7,5 % des dépenses réalisées via une CUMA ;
  • Dans la limite de 3 000 € par an ;
  • Dispositif applicable jusqu’au 31 décembre 2028.

Cette mesure encourage la mutualisation du matériel et allège le coût d’équipements indispensables, surtout pour les exploitations ayant peu de marge d’investissement.

L’exonération d’impôt en cas d’abattage sanitaire

Lorsqu’un éleveur doit abattre des animaux pour des raisons sanitaires (maladie, contamination, obligation réglementaire), il perçoit une indemnité destinée à compenser la perte du cheptel reproducteur. Normalement, cette indemnité peut générer une plus-value imposable, ce qui alourdit la charge fiscale alors même que l’exploitation traverse une période difficile.

Le dispositif d’exonération permet d’éviter cette situation en rendant non imposables :

  • La plus value liée à l’abattage ;
  • Ou la marge réalisée sur les animaux reproducteurs.

Ce mécanisme agit comme un véritable filet de sécurité pour les éleveurs touchés par un abattage obligatoire. 

Ce qui change en 2026

La loi de finances 2026 confirme et sécurise cette exonération. Pour en bénéficier, l’éleveur doit réemployer les indemnités perçues pour reconstituer le cheptel à compter du versement de l’indemnité(8).

Cette mesure vise à accompagner les élevages confrontés à une hausse du risque sanitaire et à limiter l’impact fiscal lors de la reconstitution du troupeau.

À retenir

  • Micro-BA : seuil porté à 129 200 € (confirmation administrative encore attendue).
  • DEP : dispositif prolongé jusqu’en 2028, plafonds revalorisés selon le bénéfice imposable.
  • Crédit d’impôt remplacement : extension aux agriculteurs maires (50 % – 12 jours/an).
  • Déduction 150 €/vache : non reconduite ; maintien de la provision « hausse de stocks » jusqu’en 2028.
  • Crédit d’impôt Bio : prolongé 3 ans, montant stable à 4 500 €.
  • Crédit d’impôt HVE : prolongé 1 an, montant maintenu à 2 500 €.
  • Nouveau crédit d’impôt “mécanisation collective” : 7,5 % des dépenses via CUMA, plafond 3 000 €, applicable jusqu’en 2028.
  • Abattage sanitaire : exonération fiscale et sociale confirmée en 2026 pour les cheptels reproducteurs, afin de faciliter la reconstitution du troupeau.

En 2026, plusieurs règles fiscales évoluent pour les exploitants agricoles. Entre nouveaux crédits d’impôt, prolongations de dispositifs et ajustements techniques, ces changements peuvent influencer vos choix d’investissement et l’organisation de votre activité. Les connaître vous permet d’aborder l’année avec une meilleure visibilité et d’activer les leviers les plus adaptés à votre exploitation :  rapprochez-vous de votre conseiller afin de sécuriser vos choix fiscaux.

Sources :
(1) Poitou-Charentes Cerfrance – février 2026 - Principales mesures de la loi de finances en matière agricole
(2) horizon-63.cerfrance.fr - octobre 2025 - Ce que contient le projet de loi de finances 2026 pour les agriculteurs
(3) Legifrance.gouv.fr - février 2026 - Article 73 - Code général des impôts 
(4) Legifrance.gouv.fr - février 2026 - Article 200 undecies - Code général des impôts 
(5) Chambres d’agriculture Bretagne – mars 2026 - Aides en agriculture bio : ce qui change début 2026
(6) Cerfrance.frdep - décembre 2025 - Les mesures agricoles du PLF 2026
(7) Bofip.impots.gouv.fr - juillet 2025 - BA - Réduction et crédits d’impôt - Crédit d’impôt en faveur de la certification d’exploitation à haute valeur environnementale des entreprises agricoles
(8) Ministère de l’agriculture – février 2026 - Indemnités d’abattage pour les éleveurs

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