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- Incendies agricoles en été : prévenir les risques et sécuriser votre exploitation
Page mise à jour le 22/05/2026
Incendies agricoles en été : comment protéger votre exploitation et sécuriser vos récoltes ?
Chaleur, sécheresse, moissons… Chaque été, les incendies agricoles causent des pertes lourdes : récoltes détruites, bâtiments endommagés, animaux en danger. Face à ces risques, la prévention joue un rôle clé. Voici les bons réflexes à adopter pour prévenir les départs de feu et sécuriser votre exploitation.
Au sommaire de cet article :
L’été, une période à haut risque pour les exploitations agricoles
Sur une exploitation agricole, le risque incendie n’est pas constant au fil de l’année : il atteint un niveau particulièrement élevé en période estivale, lorsque plusieurs facteurs viennent se renforcer mutuellement. La hausse des températures et le déficit d’humidité assèchent les sols et les cultures, rendant les végétaux beaucoup plus inflammables. Dans le même temps, l’activité s’intensifie avec les moissons et les travaux de récolte, multipliant les situations d’exposition au risque.
Pour les exploitants, cela implique d’intégrer pleinement ce risque dans leur organisation : il doit être anticipé comme un risque saisonnier à part entière, au même titre que les aléas climatiques.
Bon à savoir
- L’été 2022 a été marqué par une intensité exceptionnelle, avec près de 70 000 hectares brûlés en France, sous l’effet des vagues de chaleur et de la sécheresse(1).
- En France, on estime à environ 3 500 incendies d’exploitations agricoles chaque année, selon les données des assureurs.
Les principales causes d’incendie sur une exploitation agricole
Sur une exploitation, un incendie est rarement le fruit du hasard. Dans la majorité des cas, il résulte d’un enchaînement de facteurs liés à l’activité et aux conditions climatiques.
Le matériel agricole : un point de départ fréquent
En période de moisson, les machines sont fortement sollicitées. Elles fonctionnent dans des conditions exigeantes : chaleur élevée, environnement poussiéreux, utilisation prolongée. Cela peut entraîner :
- Des montées en température anormales ;
- Des frottements mécaniques ;
- L’accumulation de résidus inflammables autour des zones chaudes.
Cette combinaison crée des situations propices à l’apparition de points chauds. Les zones les plus sensibles sont souvent les circuits d’échappement, les systèmes de transmission ou les organes en friction.
À cela s’ajoute un phénomène fréquent sur le terrain : l’accumulation progressive de matières fines (poussières, paille, graines) dans les zones moteurs ou les compartiments. En présence de chaleur, ces dépôts deviennent hautement inflammables et peuvent s’enflammer au contact d’une étincelle ou d’une surface surchauffée.
Le stockage : un facteur de propagation souvent sous-estimé
Si le matériel est souvent à l’origine du départ de feu, le stockage joue un rôle clé dans sa propagation. Une exploitation concentre des volumes importants de matières combustibles : fourrage, paille, céréales, poussières organiques.
Ces matériaux présentent deux caractéristiques à risque :
- Ils s’enflamment facilement en conditions sèches,
- Ils favorisent une propagation rapide du feu une fois l’incendie déclenché.
Au delà des bâtiments et du matériel, ces départs de feu peuvent entraîner la destruction de récoltes stockées et, dans certaines configurations, mettre en danger le bétail, notamment lorsque les zones de stockage ou d’élevage sont proches.
Des installations techniques à surveiller
Une exploitation agricole évolue dans le temps : bâtiments ajoutés, équipements remplacés, installations modifiées. Cette organisation progressive peut créer des fragilités, souvent peu visibles au quotidien. :
- Installations électriques vieillissantes ou hétérogènes ;
- Équipements mal protégés ou mal entretenus ;
- Zones encombrées ou mal adaptées aux usages actuels.
En période estivale, dans un environnement chaud et poussiéreux, ces points faibles prennent plus d’importance. Un défaut électrique, un échauffement ou un appareil défaillant peut suffire à déclencher un départ de feu. Les travaux ponctuels (soudure, meulage…) sont également à surveiller, car ils génèrent des étincelles dans des environnements où des matières inflammables sont souvent présentes.
Prévenir les incendies agricoles : les bonnes pratiques en été
Sur une exploitation agricole, la prévention passe avant tout par l’anticipation et l’attention portée aux situations à risque, en particulier en période estivale. Voici quelques repères à intégrer dans votre organisation quotidienne :
1. Sécuriser les équipements et les installations
- Vérifier régulièrement les installations électriques ;
- Nettoyer les machines (poussières, résidus végétaux) ;
- Contrôler les systèmes de refroidissement et de ventilation ;
- Éviter l’accumulation de matières inflammables autour des moteurs.
Un équipement mal entretenu peut atteindre des températures critiques en peu de temps et devenir un point de départ d’incendie à proximité immédiate des cultures ou des zones d’élevage.
2. Organiser les zones de stockage
- Séparer les zones de stockage (fourrage, paille, céréales, aliments destinés au bétail) ;
- Limiter les volumes stockés dans un même espace afin de réduire l’intensité d’un éventuel sinistre ;
- Privilégier des matériaux résistants au feu pour les bâtiments ;
- Éviter le co stockage de matières incompatibles.
Lorsque cela est possible, l’éloignement des zones de stockage par rapport aux bâtiments d’élevage permet de limiter les risques de propagation et de protéger à la fois les récoltes et le bétail.
Objectif : limiter la propagation en cas de départ de feu et préserver les stocks stratégiques de l’exploitation.
3. Adapter l’organisation du travail en période estivale
- Privilégier les travaux tôt le matin ou en soirée ;
- Éviter les périodes de pic de chaleur ;
- Adapter la cadence de travail des machines ;
- Renforcer la surveillance des chantiers.
Ces ajustements contribuent également à réduire les risques à proximité des parcelles récoltées, des zones de stockage et des bâtiments d’élevage.
4. Intégrer la culture prévention dans l’exploitation
- Former les salariés aux risques incendie ;
- Mettre en place des consignes claires ;
- Anticiper la gestion de crise (qui fait quoi en cas de feu ?) ;
- Identifier les points sensibles de l’exploitation, notamment à proximité des animaux et des stocks de fourrage.
Dans la majorité des cas, les incendies sont liés à des causes évitables, d’où l’importance de la sensibilisation et de l’anticipation.
Comment réagir en cas de début d’incendie ?
Lorsqu’un incendie se déclare sur une exploitation, la réaction doit être rapide, mais surtout adaptée à la situation. Les premières minutes sont importantes, mais elles peuvent aussi prêter à confusion : un feu qui paraît limité peut évoluer très vite, surtout en période de chaleur.
Dans tous les cas, certains réflexes restent essentiels :
- Alerter immédiatement les secours (18 ou 112), en donnant une localisation précise et les accès possibles ;
- Décrire la situation (type de feu, surface concernée, présence de bâtiments ou de matières sensibles) pour faciliter l’intervention ;
- Tenter de contenir le feu uniquement s’il est encore naissant et sans danger immédiat ;
- Se mettre en sécurité dès que le feu progresse ou devient difficile à maîtriser.
Il est parfois possible de contenir un départ de feu avec les moyens disponibles (extincteur, eau, outils), toutefois, dès que le feu prend de l’ampleur, la priorité doit être de préserver les personnes, le bétail et de faciliter l’intervention des secours.
Ce qu’il faut retenir sur les incendies agricoles
- En été, le risque d’incendie agricole augmente fortement, notamment en période de moisson et de fortes chaleurs.
- Les incendies sur une exploitation sont le plus souvent liés à un cumul de facteurs : matériel agricole, stockage de matières inflammables et conditions climatiques.
- Le matériel agricole (moissonneuse, tracteur…) est une cause fréquente de départ de feu, en raison de la chaleur, de la poussière et des phénomènes de surchauffe.
- Le stockage de paille, de fourrage ou de céréales peut accélérer la propagation d’un incendie s’il n’est pas organisé de manière adaptée.
- Des actions simples permettent de prévenir les incendies agricoles : entretien du matériel, vigilance en période de chaleur, organisation des zones de stockage.
- En cas de départ de feu, la priorité reste d’alerter rapidement les secours et de ne pas s’exposer à un danger.
FAQ – Incendie agricole : vos questions
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Comment identifier une situation à risque avant un départ de feu ?
Certains signaux faibles doivent alerter : odeur de brûlé, élévation anormale de température sur un engin, accumulation visible de poussières ou de résidus autour du moteur, échauffement d’un tas de fourrage. Ces indicateurs précèdent souvent un départ de feu.
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Quels types d’exploitations sont les plus exposés ?
Toutes les exploitations sont concernées, mais le risque est plus élevé dans les activités qui combinent machines intensives et stockage de matières sèches : grandes cultures, polyculture-élevage, ou exploitations avec stockage de fourrage important.
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Quel matériel agricole est le plus à risque d’incendie ?
Les moissonneuses-batteuses sont les plus à risque, surtout en période de moissons, en raison de la chaleur et des résidus végétaux inflammables. Les tracteurs et engins motorisés peuvent également provoquer des départs de feu (échauffement, étincelles). Un entretien et un nettoyage réguliers sont essentiels pour limiter ces risques.
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Pourquoi les incendies surviennent-ils souvent en fin de journée ?
Parce que plusieurs facteurs se cumulent : fatigue, baisse de vigilance, échauffement progressif des machines et niveau de dessèchement maximal des végétaux après une journée de chaleur.
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Un feu peut-il repartir après extinction ?
Oui, c’est possible, notamment sur des matières comme le fourrage ou la paille. Des points chauds peuvent persister et entraîner une reprise du feu plusieurs heures après. Une surveillance prolongée est souvent nécessaire.
Face à des étés de plus en plus chauds et secs, le risque incendie devient un enjeu durable pour les exploitations agricoles. Au delà des bâtiments et du matériel, un départ de feu peut avoir des conséquences lourdes sur les récoltes stockées et le bétail. Quelques ajustements ciblés, intégrés au quotidien, permettent de limiter ces risques et de mieux sécuriser votre activité.
Sources
(1) Chambres d’agriculture France – avril 2025 - Prévention et lutte contre les incendies : les Chambres d’agriculture écoutées et mises à contribution
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