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Page mise à jour le 05/02/2026
ESN : comment gérer vos salariés en intercontrat ?
Relativement fréquent dans les entreprises de services du numérique, l’intercontrat se définit comme une période durant laquelle un collaborateur est dans l’attente d’une nouvelle mission. Si les périodes d’intercontrats sont inhérentes au métier des ESN, elles doivent toutefois être gérées avec la plus grande attention. Explications.
Au sommaire de cet article :
- Salariés en intercontrat : de quoi s’agit-il ?
- Rémunération pendant l’intercontrat : ce que l’employeur peut (et ne peut pas) faire
- ESN : les points de vigilance à sécuriser pour vos salariés en intercontrat
- 5 conseils pour tirer profit de ces périodes d’intercontrat
- FAQ – Questions fréquentes sur l’intercontrat en ESN
Salariés en intercontrat : de quoi s’agit-il ?
L’intercontrat, également appelé intermission, est une période pendant laquelle un consultant se situe entre deux missions chez un client. C’est notamment le cas lorsque l’entreprise ou le cabinet de conseil n’a pas réussi à trouver une nouvelle mission à son consultant. Ce dernier doit alors retourner au siège, ou dans les locaux de son employeur, pour se consacrer à des projets internes.
Durant cette période d’entre-deux, l’employeur peut également demander à son collaborateur de rester à son domicile s’il n’a aucun projet à lui confier, tout en se tenant prêt à commencer une nouvelle mission à tout moment.
L’intercontrat n’est pas un statut juridique autonome : c’est une période “entre missions” dans un CDI, gérée via les règles habituelles du contrat de travail et de l’organisation du travail (lieu, horaires, tâches confiées, consignes…).
Bon à savoir
Le Code du travail ne prévoit pas de définition de l'intercontrat. Il n'y a pas de cadre légal ou réglementaire qui en précise le fonctionnement, c'est une situation qui de fait échappe au droit du travail. Ses spécificités sont toutefois encadrées par la convention collective Syntec(1), applicable aux bureaux d’études techniques, aux cabinets et sociétés de conseils.
Rémunération pendant l’intercontrat : ce que l’employeur peut (et ne peut pas) faire
Maintien du salaire : le principe
Pendant un intercontrat, le salarié en CDI reste salarié de l’ESN : l’absence de mission chez un client ne permet pas à l’employeur de suspendre unilatéralement sa rémunération. Tant que le collaborateur se tient à la disposition de l’entreprise (présence au siège, télétravail organisé, disponibilité confirmée, etc.), le fixe prévu au contrat reste dû. C’est un point clé pour sécuriser la relation : l’intercontrat est une période “entre missions”, pas une suspension du contrat de travail.
Dans la pratique des ESN, c’est surtout la part variable de la rémunération qui peut évoluer (primes liées à une mission, indemnités, remboursement de frais, bonus conditionnés à des objectifs…). Mais cette variabilité doit être cohérente avec les règles applicables (contrat, accords internes, justificatifs) et ne doit pas remettre en cause le socle fixe.
Clarifier ce qui peut varier (pour éviter les tensions)
Pour éviter les incompréhensions, il est utile d’expliciter clairement la logique suivante :
- Le fixe : il est maintenu pendant l’intercontrat, dès lors que le contrat est en cours et que le salarié reste à disposition ;
- Les frais : ils dépendent de la situation réelle (par exemple, pas de déplacement = pas de frais de déplacement) ;
- Les primes/bonus liés à la mission : ils varient selon les règles internes (conditions d’attribution, objectifs, présence en mission, etc.) et doivent être documentés pour éviter toute contestation.
ESN : les points de vigilance à sécuriser pour vos salariés en intercontrat
L’intercontrat se gère comme une période de travail “normal” : l’employeur doit rester dans un cadre cohérent et documenté.
Maintenir le statut et les droits du salarié
Le salarié reste salarié : mêmes droits contractuels, même classification, même temps de travail, mêmes règles de suivi RH (entretiens, formation, etc.). La CCN Syntec constitue souvent le cadre collectif de référence pour les ESN.
Confier des activités “compatibles” (missions internes, formation, appui commercial…)
Même en intercontrat, on ne peut pas “occuper” un salarié sur n’importe quoi : les tâches confiées doivent rester cohérentes avec son poste, ses compétences et, si besoin, être accompagnées (formation, tutorat).
Définir clairement le lieu de travail (et le formaliser)
C’est un point critique en ESN : où le salarié travaille-t-il pendant l’intercontrat ?
Pour éviter les malentendus, il est recommandé de formaliser (mail/ordre de mission interne) :
- Lieu : siège / agence / télétravail / domicile ;
- Horaires / disponibilité ;
- Objectifs et livrables attendus ;
- Durée de la phase et point de suivi.
Ne pas “forcer” des congés pour absorber l’intercontrat
L’idée de "placer des congés/RTT pour réduire l’intercontrat" est fréquente, mais doit être gérée avec prudence :
- Sur les congés payés, l’employeur fixe les dates, mais dans un cadre encadré (délais d’information/organisation), et cela ne se fait pas “du jour au lendemain”;
- Sur les RTT, tout dépend de l’accord d’entreprise (répartition RTT employeur/RTT salarié, délais de prévenance, etc.).
Attention au risque “mise au placard”
Une intermission qui s’éternise sans consignes, sans activité et sans accompagnement peut créer un terrain de tension (RPS, conflit, contentieux). La jurisprudence récente montre que ces périodes peuvent être prises en compte dans l’analyse du préjudice subi selon les circonstances.
5 conseils pour tirer profit de ces périodes d’intercontrat
Au-delà même de vos obligations légales, n’hésitez pas à prendre soin, plus qu’à l’habitude, de vos salariés en intercontrat : cette période est souvent difficile à vivre pour eux. Certes, vous ne pouvez pas facturer leur temps immédiatement à vos clients mais leurs compétences pourraient vous être de nouveau utiles rapidement. Voici 5 conseils pratiques :
- Structurer un “parcours intercontrat” en 72h : dès l’entrée en intercontrat, prévoir un point RH/staffing/manager, un plan d’action (2–3 objectifs), un calendrier, et un point hebdo. Cela réduit l’angoisse et augmente l’engagement.
- Miser sur la formation : profitez de ces périodes de latence pour former vos salariés en intercontrat, en interne et/ou en externe. Cela permet de maintenir leur motivation et d’utiliser utilement ce temps non productif. En interne par exemple, un consultant peut passer 1–2 semaines dans une autre équipe/projet interne pour élargir son profil (sans attendre un client). En externe, pensez aux certifications cloud, cyber, data, gestion de projet… L’intercontrat est souvent la seule fenêtre “respirable” pour accélérer la montée en compétences.
- Confier des missions internes à forte valeur : n’hésitez pas à confier à vos salariés en intercontrat des missions internes à valeur ajoutée (développement de nouveaux outils, R&D, renforcement de la cybersécurité, automatisation de certaines tâches) … Les possibilités sont nombreuses mais doivent correspondre au profil et compétences du salarié. Veillez à conserver de la souplesse afin de pouvoir déclencher rapidement une nouvelle mission opérationnelle si l’opportunité se présente.
- Misez sur les plateformes spécialisées d’intercontrats en ligne comme JobBoard. Dédiées aux sociétés de services, elles font correspondre des compétences avec des besoins immédiats.
- Optimiser cette période avec les congés et les RTT. Attention toutefois à respecter un certain cadre réglementaire. Un préavis de deux mois est nécessaire pour imposer des congés payés. Seuls les RTT Employeur (RTTE) peuvent être imposés si un délai de prévenance apparaît dans l’accord entreprise. Les RTT Salarié en revanche, ne peuvent pas être imposés. Les congés payés et les RTT validés ne peuvent être annulés qu’avec l’accord de l’employeur.
Bon à savoir
En période d’intercontrat, le mécénat d’entreprise peut se révéler être une solution pertinente. Le principe : vous mettez gracieusement l’un de vos consultants en intercontrat, à disposition d’associations ou d’ONG porteuses d’un projet d’intérêt général. Une solution utile qui vous permet de valoriser votre image tout en offrant à vos collaborateurs l’opportunité de servir une noble cause.
FAQ – Questions fréquentes sur l’intercontrat en ESN
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C’est quoi un intercontrat en ESN ?
C’est une période entre deux missions client, pendant laquelle le consultant reste salarié de l’ESN et peut être affecté à des activités internes ou de formation.
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Quel est le salaire d’un salarié en intercontrat ?
En CDI, le fixe contractuel reste dû (le contrat n’est pas suspendu). Certains éléments variables liés à la mission (frais, primes spécifiques) peuvent varier selon les règles internes et la situation réelle.
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Qu’est-ce que le “taux d’intercontrat” ?
C’est un indicateur interne : la part (ou le nombre de jours) où les consultants ne sont pas facturés chez un client. Il sert à piloter l’activité, la marge et la planification.
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Un salarié peut-il refuser une mission ?
Il peut refuser si la mission modifie de façon substantielle son contrat (mobilité hors clause, modification majeure des fonctions, etc.). La clause de mobilité doit être valide et proportionnée.
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Combien de temps peut durer un intercontrat ?
Il n’existe pas de durée légale “type” : c’est une situation de fait. En revanche, une intermission prolongée et mal gérée peut devenir un facteur de risques sociaux et contentieux selon le contexte.
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Le portage salarial peut-il “éviter” l’intercontrat ?
Le portage salarial est un autre modèle (relation tripartite) : il peut être une alternative pour certains profils, mais il ne “remplace” pas l’intercontrat dans une ESN pour des CDI en régie/forfait.
L’intercontrat fait partie de la réalité économique des ESN, mais il ne doit jamais être traité comme une zone grise : le salarié reste salarié, avec une rémunération et un cadre de travail à sécuriser. Bien pilotée, cette période peut devenir un vrai levier RH — montée en compétences, missions internes utiles, mobilité, engagement RSE — et contribuer à réduire le turnover tout en renforçant la marque employeur.
Sources :
(1) Convention collective nationale des bureaux d'études techniques, des cabinets d'ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils - LégiFrance - 2021
(2) Période d’intercontrat en SSII/ESN : que proposer aux salariés ? - Nexoris - 2021
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