- Assurance professionnelle
- Assurance par métier
- Secteurs d'activités
- Entreprises BTP
- Comprendre les indemnités de trajet dans le BTP
Page mise à jour le 19/02/2026
Temps de trajet dans le BTP : quelles indemnités verser à vos salariés ?
Entre les chantiers éloignés, les rotations d’équipes et les horaires décalés, les déplacements font partie intégrante de l’activité dans le BTP. En tant qu’employeur, il est essentiel de savoir quels temps et quels frais doivent être compensés, et selon quelles règles, pour rester conforme aux obligations légales et conventionnelles. Indemnités de trajet, de transport, de repas… MMA fait le point pour vous aider à appliquer le bon dispositif à vos équipes.
Au sommaire de cet article
Indemnités de déplacement : que dit la loi ?
Le quotidien d’un ouvrier du BTP se caractérise souvent par les nombreux trajets qu’il doit effectuer entre son domicile, les chantiers et le siège de l’entreprise. À ce titre, les Conventions collectives nationales du bâtiment(1) prévoient le versement d’indemnités pour compenser les frais occasionnés. Mais avant de faire le point sur les différentes indemnités et leur mode de calcul, il est important de comprendre certaines distinctions.
À ne pas confondre : temps de trajet et temps de travail effectif
Pour connaître vos obligations en matière d’indemnités de déplacement, il faut d’abord différencier, au sein du temps de trajet de vos salariés, le temps qui compte comme du temps de travail effectif de celui qui n’en fait pas partie. En fonction, vous n’aurez pas les mêmes montants à verser.
Dans le secteur du BTP, certains temps de trajet peuvent en effet être considérés comme un temps de travail effectif, et donc être rémunérés. C’est le cas notamment pour :
- Les trajets entre le siège de votre société et un chantier ;
- Les trajets au cours de la journée, entre les différents chantiers ;
- Les trajets au cours desquels votre salarié est contraint de passer par la société avant de se rendre sur un chantier, pour récupérer du matériel ou autre (le temps de travail effectif débute à l’arrivée au siège).
À l’inverse, ne sont pas considérés comme du temps de travail effectif :
- Les trajets entre le domicile et un chantier ;
- Les trajets pour se rendre du domicile au siège de l’employeur, y compris si l’un des salariés passe prendre d’autres salariés à votre demande, avec l’un des véhicules de l’entreprise ;
- Les trajets entre le siège de l’entreprise et un chantier lorsque le passage par le siège n’est pas obligatoire (le temps de travail effectif débute alors à l’arrivée sur le chantier). Cela peut être le cas si votre ouvrier souhaite profiter des moyens de transport mis à sa disposition pour se rendre sur les chantiers.
La différence entre petits et grands déplacements
Autre distinction à prendre en compte pour le calcul des compensations : s’agit-il d’un petit ou d’un grand trajet ?
Les petits déplacements correspondent aux trajets quotidiens pour se rendre sur le lieu des travaux. L’ouvrier peut alors rentrer chez lui chaque jour, après le travail.
Les grands trajets, quant à eux, désignent le fait de se rendre sur un chantier éloigné de son domicile et de résider à proximité le temps des travaux.
Qui peut bénéficier des indemnités de trajet ?
Les primes sont versées aux ouvriers non sédentaires du bâtiment, c’est-à-dire à ceux qui se déplacent régulièrement sur des chantiers. En revanche, les salariés travaillant au siège de la société ou les ETAM (Employés, Techniciens et Agents de Maîtrise) ne sont pas concernés.
Les primes de petits déplacements dans le bâtiment
Les Conventions collectives nationales du BTP prévoient trois catégories de primes pour les petits trajets, chacune ayant son propre mode de calcul : l’indemnité de trajet, l’indemnité de frais de transport et l’indemnité de repas.
L’indemnité de trajet
L’indemnité de trajet vise à compenser la distance parcourue par votre salarié pour se rendre chaque jour sur un chantier et en revenir. Elle est due :
- Quel que soit le moyen de transport utilisé (véhicule personnel, de fonction…) ;
- Même si le temps de trajet compte comme du temps de travail effectif et donne donc lieu à rémunération(2).
Toutefois, sachez que vous n’êtes pas tenu de verser l’indemnité de trajet si vous vous occupez de loger gratuitement votre employé à proximité du lieu de travail.
Comment la calculer ?
Le montant de l’indemnité de trajet est redéfini chaque année de manière journalière et forfaitaire. Il est calculé selon une méthode reposant sur un système de zones circulaires concentriques qui varie selon les régions :
- Au cœur, se situe le siège social de votre entreprise (ou votre bureau régional s’il est implanté depuis plus d’un an avant l’ouverture du chantier) ;
- À partir de ce point central, plusieurs zones concentriques sont dessinées selon des tranches de 10 km (zone 1 = 0 à 10 km, zone 2 = 10 à 20 km, etc.) ;
- À chaque zone correspondent des montants minimums d’indemnités.
Aussi, pour calculer les indemnités journalières à verser à vos salariés non sédentaires, il faut d’abord évaluer la distance, à vol d’oiseau, entre le siège de votre société, puis déterminer la bonne zone concentrique et enfin appliquer le barème des frais de déplacement en vigueur dans votre région.
L’indemnité de frais de transport
À l’indemnité de trajet peut s’ajouter celle de transport. Cette dernière est due, sous forme forfaitaire, aux ouvriers contraints d’engager des frais de transport quotidiens pour effectuer les trajets allers-retours entre leur domicile et les chantiers (autrement dit, avant et après le temps de travail effectif). Et ce, quel que soit le moyen de transport utilisé.
En revanche, l’indemnité n’est pas due si :
- Vous mettez un véhicule à disposition de vos salariés ;
- Si vous assurez leur transport jusqu’au chantier ;
- Ou encore si vous remboursez leurs titres de transport en commun.
Comment la calculer ?
Le montant de l’indemnité de frais de transport est calculé de la même façon que celui de l’indemnité de trajet.
L’indemnité de repas
L’indemnité de repas, aussi appelée « prime de panier », vise à rembourser le supplément de frais occasionnés par la prise d’un déjeuner hors du domicile de l’ouvrier.
Toutefois, vous n’avez pas à la verser si :
- L’ouvrier déjeune chez lui ;
- Votre entreprise fournit un repas gratuitement ou avec une participation financière égale au montant de l’indemnité de repas ;
- Un restaurant d’entreprise est présent sur le lieu des travaux et fournit le repas avec une participation financière égale au montant de l’indemnité de repas.
Comment la calculer ?
Le montant de la prime panier est commun à l’ensemble des zones concentriques. Il est compris entre 9, 10 et 12 € par repas selon le cas de figure (ouvriers en déplacement, contraint de déjeuner sur un chantier ou au restaurant) et la région.
À noter
- Les indemnités de petits déplacements ne doivent être versées que les jours où le salarié est effectivement présent sur les chantiers. Ainsi, si l’un de vos salariés est affecté pour une journée sur un poste en atelier, aucune indemnité ne doit lui être versée pour ce jour-là. Vous prendriez sinon le risque de voir ces versements requalifiés en salaire en cas de contrôle par l’Urssaf ;
- Les indemnités de petits déplacements peuvent permettre une exonération des cotisations sociales, sous conditions et dans certaines limites. Le barème est consultable sur le site internet de l’Urssaf.
Cas concrets : quand verser les indemnités de trajet et de transport ?
Voici quelques exemples de situations dans lesquelles verser ou non des indemnités de petits déplacements (hors indemnité de repas).
| Type de trajet du salarié | Temps de travail effectif à rémunérer | Indemnité de trajet | Indemnité de transport |
|---|---|---|---|
| Domicile - chantier avec un véhicule personnel | Non | Oui |
Oui |
| Domicile - chantier avec un véhicule de fonction |
Non |
Oui |
Non |
| Domicile - siège de l’entreprise - chantier sur obligation de l’employeur | Oui, dès que le salarié arrive à l’entreprise | Oui |
Non |
| Domicile - siège de l’entreprise - chantier sur décision du salarié |
Non |
Oui |
Non |
Les indemnités de grands déplacements dans le BTP
Quand un salarié travaille sur un chantier situé à 50 km ou plus du siège de votre entreprise et qu’il ne peut parcourir cette distance en transport en commun en moins d’1h30, on parle de « grands » déplacements.
Vous êtes dans ce cas tenu au versement d’une indemnité pour couvrir ses dépenses de nourriture et de logement.
Plusieurs options s’offrent à vous :
- Rembourser votre salarié sur la base de ses frais réels (en veillant alors à lui demander ses justificatifs) ;
- Verser une indemnité forfaitaire selon un barème fixé chaque année par l’Urssaf. Vous trouverez plus d’informations sur le site internet de l’organisme ;
- Ou encore combiner ces deux possibilités (par exemple, remboursement au réel pour le logement et sur la base du forfait pour les repas).
À titre indicatif, voici les montants des indemnités repas pour un déplacement en métropole en 2026(3) :
| Durée du déplacement | Repas | Logement et petit-déjeuner en Île-de-France | Logement et petit-déjeuner dans les autres régions |
|---|---|---|---|
| Jusqu’à 3 mois | 21,40 € | 76,60 € | 56,80 € |
| De 3 à 24 mois | 18,20 € | 65,10 € | 48,30 € |
| Au-delà de 24 mois (et jusqu’à 72 mois) | 15 € | 53,60 € | 39,80 € |
Bon à savoir
Les indemnités de grand déplacement sont exonérées de cotisations sociales, à hauteur du montant des indemnités forfaitaires.
FAQ – Les questions fréquentes
-
Comment calculer les indemnités de petits déplacements si mon salarié travaille sur plusieurs chantiers dans la même journée ?
Dans ce cas de figure, c’est le montant associé à la zone du chantier le plus éloigné que vous devez prendre comme référence. Par exemple, si l’un des chantiers est situé à 5 km de votre société et l’autre à 35 km, il faut prendre en compte celui situé à 35 km pour déterminer la zone applicable.
-
Le montant des indemnités est-il le même si mon employé utilise un véhicule électrique ?
Non, lorsqu’un ouvrier se déplace avec un véhicule électrique, l’indemnité est majorée de 20 %.
-
Puis-je remplacer les indemnités par une augmentation de salaire ?
Non, les indemnités sont des compensations spécifiques prévues par les Conventions collectives nationales du bâtiment. Elles doivent être versées séparément et clairement identifiées sur les bulletins de paie de vos salariés.
Sources :
(1) Légifrance – 2025 - Article 8.17 de la Convention collective nationale des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment occupant jusqu’à 10 salariés ; article 8.17 de la Convention collective nationale des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment occupant plus de 10 salariés ; article 8.7 de la Convention collective nationale des ouvriers des travaux publics.
(2) Légifrance – 2018 - décision n°17-12.586 de la Cour de cassation
(3) Urssaf – janvier 2026 – Les frais professionnels
.
Votre véhicule de société protégé avec les assurances auto pro MMA
Votre véhicule de société est un outil de travail indispensable, c’est pourquoi il est essentiel de le couvrir en cas d’imprévus. MMA vous propose 3 formules d’assurance auto selon vos besoins, l’ancienneté, la valeur et l’usage de votre véhicule, ainsi qu’une gamme de garanties spécifiques et adaptées à votre activité.
Nos prises en charge sont faites en application des garanties/options souscrites et des conditions, limites et exclusions de garanties fixées aux conditions générales et aux conditions particulières du contrat Assurance auto MMA (CG 614) disponibles en agence ou sur mma.fr. Pour en savoir plus, contactez votre agent général MMA.
Plus d’infos sur la réglementation dans le BTP
-
Comment calculer vos frais de déplacement et les facturer à vos clients : quel calcul ? Quid de la TVA sur les déplacements au km ? MMA fait…
-
Déduction forfaitaire spécifique (DFS) dans le BTP : fonctionnement et salariés concernés par le taux d’abattement des frais professionnels en…
-
Vos salariés acquièrent des jours de congés payés du 1er avril au 31 mars. Le point sur les principales règles à connaitre qui s’appliquent dans…





