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Page mise à jour le 04/03/2026

Vérification générale périodique des engins de levage agricoles : le bon réflexe sécurité

Les engins de levage, de manutention et de terrassement utilisés sur votre exploitation sont soumis à une obligation de vérification générale périodique ou VGP. Tel un contrôle technique automobile, cette mesure préventive permet de détecter les anomalies et de garantir la sécurité des travailleurs. À quelle fréquence la réaliser ? Qui est habilité à effectuer le contrôle ? Comment se déroule la visite ? On vous dit tout.

© AdobeStock - njr_2018

Au sommaire de cet article  

Qu’est-ce qu’une VGP des engins de levage ?

Une obligation réglementaire… 

Une VGP est une vérification obligatoire, prévue par le Code du travail, qui vise à contrôler régulièrement l’état de conservation et de fonctionnement des engins de levage, de manutention et de terrassement dans tous les secteurs d’activités où ils sont en usage, exploitations agricoles comprises. 

En tant que chef d’exploitation agricole, employeur ou non de main-d’œuvre, vous êtes légalement responsable de cette obligation pour les engins dont vous êtes propriétaire.

Bon à savoir

Si vous utilisez des engins de location, il vous appartient de vérifier auprès du loueur que les VGP sont effectuées dans le respect de la réglementation.

… et indispensable pour la sécurité sur votre exploitation

L’objectif d’une vérification générale périodique est de déceler, en temps utile, toute détérioration représentant un danger pour l’opérateur lui-même ou toute personne présente sur l’exploitation (salarié agricole, aide familial, apprenti, visiteur…). Il s’agit donc d’une opération de maintenance essentielle en matière de prévention des risques professionnels

Qui plus est, la VGP permet d’améliorer la performance, d’éviter les pannes et d’allonger la durée de vie de vos engins de levage agricoles. 

Bon à savoir

Les VGP ne dispensent pas de l’entretien et des petites réparations de routine recommandées par les fabricants de vos équipements.

VGP des engins agricoles : matériel concernés, fréquence, intervenants

Quels sont les engins agricoles concernés par les VGP ? 

De nombreux équipements utilisés sur les exploitations agricoles sont concernés par les vérifications générales périodiques, par exemple :

  • Les tracteurs équipés pour le levage (chargeurs frontaux, élévateurs arrières) ;
  • Les chariots élévateurs ;
  • Les engins de terrassement ;
  • Les grues de chargement potences ou mobiles sur tracteur ou camion ;
  • Les débardeuses pour les travaux forestiers ;
  • Les ponts roulants ;
  • Les accessoires de levage : élingue, palonnier, pince auto-serrante, aimant, etc.

À quelle fréquence réaliser la VGP ?

En principe, la vérification des engins de levage, de manutention et de terrassement doit avoir lieu tous les 12 mois. Néanmoins, elle est réduite à :

  • 6 mois pour les grues auxiliaires, mobiles ou à montage rapide, les bras pour bennes amovibles, les hayons élévateurs, les engins de terrassement équipés pour le levage, les chariots élévateurs ;
  • 3 mois pour les appareils de levage mus par la force humaine.

Une VGP doit également être programmée :

  • Lors de la mise en service des engins, équipements neufs inclus ;
  • À l’occasion d’une remise en service après réparation ou accident.

Qui est habilité à effectuer une VGP ?

Selon l’article R. 4323-24 du Code du travail, la vérification doit être réalisée par une personne qualifiée et compétente « dans le domaine de la prévention des risques présentés par les équipements de travail soumis à vérification et connaissant les dispositions réglementaires afférentes ».

Le contrôle peut être effectué par :

  • Une personne appartenant à votre exploitation, à condition qu’elle ait reçu une habilitation à la suite d’une formation (dispensée notamment au sein des Chambres d’agriculture ou d’organismes de formation certifiés) ;
  • Ou par un organisme extérieur agréé, éventuellement sous contrat de maintenance. Il peut s’agir d’un organisme de vérification (Apave, Bureau Veritas…), d’un concessionnaire de matériel agricole ou de toute autre structure habilitée telle que le réseau des Cuma.

La liste des vérificateurs agréés de votre région est disponible sur le site du Cofrac, chargé de délivrer les accréditations.

Bon à savoir

Si la vérification d’un engin est demandée par l’inspection du travail à la suite d’un accident ou d’un contrôle, celle-ci doit nécessairement être confiée à un organisme agréé.

Le déroulement d’une vérification générale périodique

Comme dans un contrôle technique automobile, une VGP comprend toute une série de tests et de points de vérification pour s’assurer du bon état de l’engin de levage.

1. Les vérifications préliminaires

Avant le contrôle, pensez à rassembler les documents suivants sur l’engin de levage agricole concerné :

  • La notice d’utilisation du constructeur ;
  • Le certificat de conformité ;
  • Le carnet de maintenance ;
  • Les rapports de VGP antérieurs (si existants).

Ils seront consultés par le technicien vérificateur avant de débuter l’examen de l’appareil de levage.

2. L’examen visuel de l’état de conservation

Une fois les documents d’identification de l’engin consultés, le vérificateur procède à un examen visuel détaillé de l’équipement. Il vérifie notamment les freins et dispositifs de calage, la descente des charges, les poulies, les limitateurs de charge, les crochets et appareils de préhension, les câbles et chaînes de charge, les dispositifs anticollision ou parachutes, etc.

Le technicien examine également :

  • L’adéquation de l’appareil de levage à l’utilisation que vous en faites sur votre exploitation ;
  • Le montage et l’installation de l’engin, pour s’assurer qu’ils sont conformes aux instructions du constructeur.

3. Les essais de fonctionnement

Le technicien passe ensuite à l’examen de l’appareil en fonctionnement :

  • Il fait mouvoir l’engin muni d’une charge dans des positions défavorables pour tester les organes mécaniques ;
  • Il s’assure de l’efficacité des freins, des dispositifs contrôlant la descente des charges ou de ceux limitant les mouvements de l’appareil et de la charge (limiteurs de course, de relevage, d’orientation…) ;
  • S’il y a lieu, il déclenche les limiteurs de charge et de moment de renversement.

Il teste également la capacité de l’engin, muni de tous ses accessoires, à supporter une charge maximale dans une position statique, puis dynamique

4. Le remise du rapport de VGP

À la suite de tous les contrôles, le vérificateur rédige et vous transmet un rapport complet détaillant toutes ses observations. Il fait aussi des recommandations précises, en fonction des éventuelles anomalies détectées, pour que vous puissiez prendre les mesures nécessaires dans les plus brefs délais (réparations, remplacement de l’engin…). 

Vous devez conserver ce rapport pendant 5 ans minimum et être en mesure de le présenter à chaque nouvelle VGP, ainsi qu’à l’inspection du travail en cas de contrôle ou d’accident. Il prouve que vous êtes en conformité avec vos obligations légales.

Les risques en cas de manquement

Le premier enjeu de la VGP est la sécurité. Passer outre augmente le risque d’être victime d’un accident ou responsable d’un accident sur autrui.

En cas de manquement avéré à l’obligation de VGP, vous risquez :

  • D’être sanctionné par une amende de 3 750 €, multipliée par le nombre d’infractions ;
  • De voir votre responsabilité civile, voire pénale, engagée et/ou aggravée en cas d’accident impliquant un engin non vérifié : les sanctions peuvent aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende si un accident corporel survient sur votre exploitation ;
  • De vous voir refuser la prise en charge par les assurances des dégâts matériels et/ou corporels.

La ressource utile

La publication « Vérifications réglementaires des machines, appareils et accessoires de levage » de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) répond aux questions fréquentes sur les VGP et présente les contours de la réglementation pour chaque engin de levage.

FAQ – Les questions fréquentes

  • La VGP est-elle obligatoire si je n’ai pas de salarié ?

    Oui, même sans salarié, la vérification générale périodique reste obligatoire.
    En tant qu’exploitant agricole, vous êtes responsable de la sécurité des équipements que vous utilisez. L’objectif de la VGP est de s’assurer que vos engins fonctionnent correctement et ne présentent pas de danger, pour vous comme pour votre entourage.
    Elle contribue aussi à vous protéger en cas de contrôle ou d’accident, en prouvant que vous respectez vos obligations.

  • J’utilise rarement un engin : dois-je quand même le faire contrôler ?

    Oui. La réglementation s’applique à tous les engins de levage, quelle que soit leur fréquence d’utilisation. En effet, un matériel qui sert rarement peut aussi se dérégler ou s’user avec le temps. La VGP permet de vérifier que son utilisation reste sécurisée en vue du jour où vous en aurez besoin.

  • Quel est le coût d'une VGP ?

    Pour un engin agricole, le tarif d’une VGP se situe en moyenne entre 70 € et 230 €, selon la complexité de l’équipement et le prestataire choisi(1).

En agriculture, la vérification générale périodique reste un passage incontournable pour garantir la sécurité sur l’exploitation et préserver vos matériels de levage. En conservant les rapports, en tenant à jour la maintenance et en vous assurant que chaque engin — y compris loué — est conforme, vous limitez les pannes, réduisez le risque d’accident et prolongez la durée de vie de vos équipements. Une VGP suivie avec rigueur, c’est aussi une exploitation plus fiable et une activité mieux protégée au quotidien.

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