Connexion Pro

Conseils pour votre quotidien d'entrepreneur

Page mise à jour le 10/09/2026

Burn-out : comment prévenir l'épuisement professionnel dans son équipe ?

Dans un contexte où la santé mentale a été érigée en grande cause nationale, l'épuisement professionnel, souvent désigné par son appellation anglaise burn-out, est devenu un enjeu majeur pour les organisations. Initialement identifié dans le secteur hospitalier, ce syndrome propre au monde professionnel peut résulter de multiples facteurs liés aux risques psychosociaux (RPS). Savoir en reconnaître les signes est essentiel pour agir rapidement et prévenir l'aggravation des situations. Explications.

© Rido - AdobeStock

Au sommaire de cet article : 

Burn-out de quoi parle-t-on ? 

L'épuisement professionnel, plus connu sous le nom de burn-out, est un syndrome propre au monde du travail. En 2019, l'OMS l'a défini comme « un syndrome résultant d'un stress chronique au travail qui n'a pas été géré avec succès » (1).

Le burn-out est la conséquence d'une exposition durable à un ou plusieurs facteurs de risques professionnels (RPS). Il correspond à une dégradation progressive du rapport subjectif au travail et se manifeste par 3 dimensions :

  • Un épuisement émotionnel, avec le sentiment de ne plus avoir les ressources nécessaires pour faire face à son activité ;
  • Un cynisme ou une dépersonnalisation, caractérisés par une prise de distance, de l'indifférence ou une vision négative du travail et des relations professionnelles ;
  • Une réduction de l'accomplissement personnel, qui se traduit par une perte de confiance dans ses capacités et une diminution du sentiment d'efficacité.

Bon à savoir

Selon le baromètre Empreinte Humaine-OpinionWay publié en 2025, 31 % des salariés se déclarent en situation de burn-out et 45 % présentent un état de détresse psychologique. Ces chiffres rappellent l'importance de la prévention des risques psychosociaux au sein des entreprises(2).

Quels sont les signes d'alerte à repérer ?

Le burn-out est la conséquence d'une exposition prolongée à des facteurs de risques professionnels. La prévention passe donc avant tout par l'identification et l'évaluation des situations de travail susceptibles de dégrader les conditions de travail et de générer un stress durable.

Néanmoins, lorsqu'un collaborateur est confronté à ces situations dans la durée, certains signaux faibles peuvent apparaître progressivement. Des changements peuvent inviter le manager à être attentif et à engager un dialogue bienveillant avec la personne concernée.

Parmi les principaux signes pouvant être observés :

  • Une fatigue persistante ou un manque d'énergie inhabituel ;
  • Une irritabilité accrue ou des réactions inhabituelles ;
  • Une baisse de motivation et un désengagement progressif ;
  • Des difficultés de concentration ou une multiplication des erreurs ;
  • Un repli sur soi ou une diminution des échanges avec les collègues ;
  • Une perte de confiance en soi ou un sentiment d'inefficacité ;
  • Une augmentation de l'absentéisme ou des retards répétés.

Ces manifestations ne signifient pas nécessairement qu'un collaborateur est en situation d'épuisement professionnel. En revanche, lorsqu'elles s'installent dans la durée, s'accumulent ou traduisent une rupture avec les habitudes de fonctionnement de la personne, elles méritent une attention particulière.

Bon à savoir

Le rôle du manager n'est pas d'établir un diagnostic médical ni d'interpréter seul ces signaux. Il consiste à rester attentif aux évolutions observées dans l'activité ou le comportement de ses collaborateurs, à favoriser le dialogue, orienter le collaborateur vers des acteurs de la santé et, si nécessaire, à mobiliser les interlocuteurs compétents (RH, médecin du travail, service de prévention et de santé au travail, etc.).

Pourquoi les managers jouent-ils un rôle clé ?

L'épuisement professionnel étant la conséquence d'une exposition prolongée à des facteurs de risques professionnels, sa prévention repose avant tout sur l'identification et la réduction de ces facteurs au sein de l'organisation. Dans ce cadre, les managers jouent un rôle important au sein du dispositif de prévention, aux côtés des autres acteurs de l'entreprise.

Par leur rôle d'animation des équipes et d'organisation du travail, ils peuvent contribuer à prévenir certains facteurs de risques, notamment en agissant sur :

  • La répartition de la charge de travail ;
  • La clarté des objectifs et des priorités ;
  • L'autonomie laissée aux collaborateurs ;
  • La reconnaissance du travail accompli ;
  • La qualité des relations de travail ;
  • L'articulation entre vie professionnelle et vie personnelle.

Un management fondé sur l'écoute, le dialogue et la confiance contribue à créer un environnement de travail favorable à la santé mentale. À l'inverse, des difficultés persistantes liées à l'organisation du travail, à la charge, aux priorités ou aux relations professionnelles peuvent favoriser l'émergence de risques psychosociaux et, à terme, d'un épuisement professionnel.

Pour exercer pleinement ce rôle de prévention, il est essentiel que les managers soient informés et formés à ces sujets et aux dispositifs d'accompagnement existants. Cette connaissance leur permet de mieux comprendre les situations à risque et d'orienter, lorsque nécessaire, les collaborateurs vers les interlocuteurs compétents.

La prévention de l'épuisement professionnel est toutefois une responsabilité collective. Chaque collaborateur a également un rôle à jouer en exprimant ses difficultés, en signalant une situation préoccupante ou en sollicitant de l'aide lorsqu'il en ressent le besoin.

5 actions concrètes pour prévenir le burn-out dans son équipe

  1. Évaluer régulièrement la charge de travail réelle
    La charge de travail ne se limite pas au volume de tâches confiées. Elle englobe également les contraintes de temps, les interruptions fréquentes, les urgences récurrentes ou encore les injonctions contradictoires. Un manager doit veiller à ce que les objectifs fixés restent cohérents avec les moyens disponibles et être attentif aux périodes de surcharge prolongée, souvent propices à l'épuisement professionnel.
     
  2. Instaurer des temps d'échange réguliers
    Les entretiens individuels constituent un levier essentiel de prévention. Ils permettent d'identifier d'éventuelles difficultés, de recueillir le ressenti des collaborateurs et de détecter les premiers signaux d'alerte avant qu'ils ne se transforment en situations de souffrance au travail. Ces échanges doivent porter autant sur les résultats que sur les conditions de réalisation du travail.
     
  3. Préserver les temps de récupération
    L'alternance entre périodes d'activité et temps de repos est indispensable pour prévenir l'épuisement. Le manager a un rôle à jouer dans le respect du droit à la déconnexion, la prise des congés et la limitation des sollicitations en dehors des horaires de travail. Son propre comportement est également déterminant : l'exemplarité reste un puissant vecteur de prévention.
     
  4. Donner du sens et clarifier les priorités
    Le burn-out n'est pas uniquement lié à une surcharge de travail. Le manque de visibilité sur les objectifs, l'absence d'autonomie ou encore la perte de sens peuvent également fragiliser les collaborateurs. Clarifier les priorités, expliquer les décisions et permettre à chacun de comprendre sa contribution aux projets collectifs favorisent l'engagement et réduisent les tensions.
     
  5. Développer une culture de prévention des risques psychosociaux
    La prévention du burn-out repose sur une démarche collective. Les managers doivent être sensibilisés aux risques psychosociaux, connaître les ressources internes disponibles (RH, service de prévention et de santé au travail, référents dédiés) et savoir orienter rapidement un collaborateur en difficulté. Plus les acteurs de l'entreprise partagent une culture commune de la prévention, plus il est facile d'agir en amont des situations à risque.

Que faire lorsqu'un collaborateur présente des signes d'épuisement ?

Lorsqu'un collaborateur présente des changements de comportement ou des difficultés pouvant évoquer une situation de mal être, voire d'épuisement professionnel, il est important de ne pas rester seul face à la situation et d'agir sans attendre.

La première étape consiste à aller à la rencontre de la personne dans un cadre propice à l'échange, afin de mieux comprendre ce qu'elle vit. Il s'agit d'écouter sans jugement, de partager ses observations de façon factuelle et bienveillante, et d'exprimer ses éventuelles préoccupations, sans chercher à établir un diagnostic. Cet échange peut permettre d'identifier d'éventuelles difficultés liées au travail, telles qu'une charge de travail importante, un manque de ressources, des changements organisationnels, des tensions relationnelles ou une perte de sens dans l'activité.

Le manager peut ensuite orienter le collaborateur vers les ressources d'accompagnement disponibles au sein et à l'extérieur de l'entreprise, et l'encourage à se rapprocher des professionnels compétents : médecin du travail, service de prévention et de santé au travail, RH ou tout autre dispositif de soutien existant.

En parallèle, des mesures temporaires construites avec le collaborateur peuvent être envisagées afin de réduire les contraintes pesant sur lui et de lui permettre de retrouver des marges de manœuvre :

  • Réévaluer les priorités et les objectifs ;
  • Adapter temporairement la charge de travail ;
  • Réaménager certaines échéances ;
  • Renforcer l'accompagnement et les points de suivi ;
  • Réorganiser ou redistribuer certaines missions lorsque cela est possible.

Enfin, il est essentiel d'assurer un suivi dans le temps. Si la situation apparaît complexe ou préoccupante, le manager ne doit pas rester isolé et peut solliciter l'appui des différents acteurs de l'entreprise. La prise en charge de ces situations repose sur une démarche collective mobilisant les compétences de chacun.

Ce qu’il faut retenir sur l’épuisement professionnel

  • Le burn-out est un syndrome lié à un stress chronique au travail, conduisant progressivement à un épuisement physique, émotionnel et mental.
  • Le manager joue un rôle important dans la prévention. Il doit être attentif aux évolutions observées chez ses collaborateurs, favoriser le dialogue et orienter vers les ressources adaptées lorsque cela est nécessaire.
  • La prévention repose avant tout sur l'identification et la réduction des facteurs de risques professionnels, notamment psychosociaux, en mobilisant l'ensemble des acteurs de l'entreprise : employeur, managers, collaborateurs, RH et services de prévention et de santé au travail.
  • Le manager n'a pas vocation à poser un diagnostic médical. Son rôle est d'écouter, de partager ses observations de manière factuelle et bienveillante, d’orienter et de solliciter les acteurs compétents si la situation le nécessite.
  • Être attentif aux premiers signaux et agir dès les premières difficultés permet de prévenir l'aggravation des situations. Plus les changements observés sont pris en compte tôt, plus il est possible de mettre en place des actions adaptées pour accompagner le collaborateur et réduire les risques pour sa santé et l’organisation du travail.

Le burn-out constitue aujourd'hui l'un des principaux risques psychosociaux auxquels les entreprises sont confrontées. Fatigue inhabituelle, désengagement, irritabilité ou perte de motivation constituent souvent des signaux d'alerte qu'il est important de ne pas négliger. Grâce à leur proximité avec les équipes, les managers jouent un rôle essentiel dans la prévention de l'épuisement professionnel. En favorisant le dialogue, en veillant à la charge de travail et en créant un environnement de confiance, ils contribuent à préserver durablement la santé et l'engagement de leurs collaborateurs.

FAQ : les questions fréquentes sur le burn-out

  • Le burn-out est-il reconnu comme une maladie professionnelle ?

    Le burn-out n'est pas reconnu automatiquement comme une maladie professionnelle. Toutefois, certaines situations peuvent faire l'objet d'une reconnaissance au cas par cas, sous certaines conditions et après examen du dossier par l'Assurance Maladie.

  • Le télétravail augmente-t-il le risque de burn-out ?

    Le télétravail n'augmente pas en lui-même le risque de burn-out. Toutefois, lorsqu'il est associé à des situations telles que l'isolement, l'hyperconnexion, un manque de soutien ou une charge de travail mal régulée, il peut favoriser l'émergence de risques psychosociaux. Lorsque ces situations perdurent, elles peuvent avoir des répercussions sur les conditions de travail et la santé des collaborateurs et, dans certains cas, contribuer à l'apparition d'un épuisement.

  • Comment aborder le sujet avec un collaborateur que l'on pense en difficulté ?

    Proposez un temps d'échange au collaborateur et partagez avec bienveillance les observations ou inquiétudes que vous pouvez avoir, en vous appuyant sur des faits concrets et sans jugement. L'objectif est d'ouvrir le dialogue, sans chercher à établir un diagnostic ni à contraindre la personne à se confier. Si nécessaire, vous pouvez l'orienter vers les professionnels de santé ou les ressources d'accompagnement adaptées et réfléchir avec lui à d'éventuels ajustements temporaires de son organisation de travail.

Voir tous les sujets de la thématique

© AdobeStock - qunica.com

Prenez soin de la santé de vos salariés avec les assurances collectives MMA

Vous souhaitez mettre en place une complémentaire santé collective dans votre entreprise ? Avec l’aide de votre Agent MMA, souscrivez une assurance collective qui répond à vos obligations légales et conventionnelles et qui constitue un véritable levier de fidélisation pour votre entreprise.

Nos prises en charge sont faites en application des garanties/options souscrites et des conditions, limites et exclusions de garanties fixées aux conditions générales et aux conditions particulières du contrat souscrit, disponibles en agence ou sur mma.fr. Pour en savoir plus, contactez votre agent général MMA. 

Plus d’infos pour préserver la santé de vos collaborateurs

Votre Agent MMA

Trouver l'agence MMA la plus proche de chez vous.