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Page mise à jour le 09/04/2026

Accident du travail et maladie professionnelle chez les agriculteurs : risques, prévention et démarches

Le secteur agricole est l’un des plus exposés aux accidents du travail et aux maladies professionnelles. Entre les machines, les animaux, les produits chimiques, les postures pénibles ou encore les risques routiers, les agriculteurs — exploitants comme salariés — sont confrontés à un niveau de sinistralité parmi les plus élevés. Face à ces risques, connaître les dangers, adopter les bons réflexes et maîtriser les démarches en cas d’accident est essentiel pour sécuriser votre activité.

© Adobestock - Vyatcheslav

Au sommaire de cet article : 

Les principaux facteurs de risques en agriculture

Les machines agricoles : le risque le plus grave

Tracteurs, moissonneuses, outils animés… Les machines concentrent une grande partie des accidents graves, notamment en culture élevage et dans les travaux agricoles (qui représentent respectivement 40,1 % et 25,3 % des accidents en 2023)(1).

Les retournements de tracteur ou les écrasements lors des manœuvres figurent parmi les scénarios les plus dramatiques. Les données nationales montrent que, même s’ils sont moins fréquents, les accidents impliquant un tracteur sont beaucoup plus graves, avec des taux de mortalité supérieurs aux autres accidents professionnels. 

Les chutes : un risque quotidien

Descente d’engin, sol glissant en bâtiment d’élevage, intervention en hauteur… Les chutes provoquent de nombreuses blessures et des arrêts longs. Elles restent l’une des principales causes d’accidents graves.

Bon à savoir

Les travailleurs de l’arboriculture fruitière sont exposés à un risque de chute accru du fait de la spécificité des travaux de taille, de pose de filets, de cueillette en hauteur.

Le Guide technique sur le travail en hauteur en arboriculture fruitière publié par le Ministère de l’Agriculture de l’Alimentation et de la Forêt pose les bases d’une démarche de prévention via des préconisations sur :

  • La formation de tous et particulièrement des jeunes et des saisonniers aux équipements et aux postes de travail ;
  • L’évaluation des risques ;
  • L’organisation du travail ;
  • Les équipements de travail en hauteur.

Les animaux : un double danger sous-estimé

Les accidents liés aux bovins ou aux équidés sont fréquents. Le ministère de l’Agriculture cite notamment :

  • Les coups, bousculades et encornements ;
  • Les accidents pendant l’alimentation ou les soins ;
  • Les réactions imprévisibles liées au stress de l’animal. 

À ces risques physiques s’ajoute un second danger souvent oublié : les zoonoses, ces maladies transmises de l’animal à l’humain, particulièrement présentes en élevage et pouvant entraîner des infections parfois sévères si les précautions adaptées ne sont pas prises.

Les TMS : première cause de maladie professionnelle

Les TMS progressent chaque année, avec de nombreux cas recensés dans les filières élevage, maraîchage et viticulture. Les manutentions répétées, les postures penchées et les gestes répétitifs sont les principaux facteurs aggravants.

Bon à savoir

La MSA accompagne de nombreux agriculteurs sur ce sujet via des diagnostics et des adaptations de postes.

Les risques chimiques : une exposition à maîtriser

L’utilisation de produits phytosanitaires, de désinfectants ou de solvants expose les agriculteurs à des irritations, brûlures, troubles respiratoires ou intoxications. Certains produits peuvent également être à l’origine de maladies professionnelles lorsqu’ils sont manipulés sans protection adaptée. 

Le risque routier : un facteur d’accidents important

Les déplacements professionnels — qu’il s’agisse des trajets entre parcelles, de déplacements de mission ou des tournées de livraison — restent l’une des causes majeures d’accidents graves dans le secteur agricole. Selon les chiffres consolidés du risque routier professionnel, 30 % des accidents mortels liés au travail sont des accidents routiers(2).  

Bon à savoir

En 2023, 33 738 accidents du travail ont touché les travailleurs du monde agricole, dont 64 accidents mortels, soit presque un décès tous les six jours.
Près de 40 % de ces accidents surviennent dans les activités culture–élevage et 25 % dans les travaux agricoles(1).

Comment prévenir les accidents ? Les bons réflexes à adopter

En agriculture, la prévention repose avant tout sur des gestes simples, répétés au quotidien. Des habitudes faciles à intégrer permettent de réduire significativement les accidents et les maladies professionnelles.

Réflexe n°1 : porter un équipement adapté

Le port d’un équipement adapté reste indispensable pour limiter les accidents du quotidien. En pratique, il s’agit surtout d’adapter votre tenue à la tâche :

  • Gants adaptés (anti coupures, nitrile, cuir selon l’activité) ;
  • Lunettes ou visière de protection ;
  • Masque filtrant en cas de poussières ou produits irritants ;
  • Combinaison ou blouse étanche ;
  • Bottes ou chaussures antidérapantes ;
  • Vêtements couvrants pour se protéger des zoonoses et des UV.

Ces équipements protègent aussi bien des produits phytosanitaires que des zoonoses, des coupures, des brûlures, des projections ou des glissades en bâtiment. Ils constituent une barrière essentielle lors des soins aux animaux, des travaux humides ou des manipulations de produits chimiques.

Réflexe n°2 : assurer un suivi médical régulier

Le suivi médical est souvent relégué au second plan, pourtant il joue un rôle clé dans la prévention. Une simple consultation permet de vérifier sa tension, de dépister une fatigue persistante, d’actualiser ses vaccins ou de repérer précocement des troubles musculosquelettiques (TMS), aujourd’hui très fréquents en agriculture.

Pour les agriculteurs, ce suivi est aussi l’occasion d’aborder :

  • Des douleurs liées aux gestes répétitifs ou aux charges ;
  • Des expositions aux poussières ou produits chimiques ;
  • Un besoin de bilan sanguin (carences, fatigue) ;
  • Des troubles du sommeil ou du stress liés au rythme de travail.

Ce suivi médical régulier n’est pas seulement bénéfique pour la santé : il participe aussi à sécuriser votre activité sur le long terme.

Réflexe n°3 : utiliser et entretenir les machines en sécurité

Les machines agricoles sont à l’origine d’une grande partie des accidents graves. La prévention commence par le choix d’un matériel adapté, mais se joue surtout au quotidien à travers une utilisation maîtrisée et un entretien régulier.

Quelques réflexes suffisent à réduire les risques :

  • Vérifier pneus, freins, feux, gyrophares et protections avant la saison ;
  • Couper systématiquement le moteur avant toute intervention ;
  • Conserver un poste de conduite propre et dégagé ;
  • Eviter les manœuvres brusques ou les descentes “en sautant”.

Intégrer ces vérifications dans la routine de votre exploitation permet de sécuriser durablement le travail, sans perte de temps.

Réflexe n°4 : se former, notamment dans l’élevage

La manipulation des animaux demande une compréhension fine de leur comportement. Des formations courtes existent et apportent immédiatement des gains de sécurité : manipulation des bovins, utilisation du matériel de contention, travail avec un chien de troupeau, sécurité en salle de traite…

Elles permettent d’acquérir des réflexes simples : anticiper les réactions de l’animal, sécuriser l’espace de travail, éviter de se placer dans les angles morts ou intervenir à deux pour les opérations sensibles. 

Réflexe n°5 : maîtriser le risque chimique

Le risque chimique repose d’abord sur un bon repérage des produits utilisés sur l’exploitation et de leurs dangers. Identifier les agents irritants ou CMR, hiérarchiser les expositions et, lorsque c’est possible, remplacer un produit par une alternative moins dangereuse permet déjà de réduire les risques.

Quand la substitution n’est pas envisageable, quelques bonnes pratiques s’imposent :

  • Porter les EPI adaptés ;
  • Travailler dans un espace ventilé ;
  • Limiter les manipulations et mélanges ;
  • Isoler les vêtements souillés ;
  • Ranger et étiqueter correctement les produits.

Appliquées régulièrement, ces précautions facilitent la gestion du risque chimique et limitent les incidents lors de la manipulation des produits.

Trois fondamentaux pour une prévention efficace

  1. Comprendre la combinaison des facteurs d’accident
    Un accident agricole résulte souvent de plusieurs éléments qui se cumulent : 
    - L’équipement : conception, entretien, réglages ou utilisation inadaptée.
    - L’environnement : circulation, configuration des lieux, météo, luminosité.
    - La personne : âge, état de santé, fatigue, expérience, formation.
    - Les conditions de travail : urgence, isolement, sous effectif, pression temporelle.
     
  2. Intégrer la prévention dès la conception
    La sécurité se prépare en amont : aménagement des bâtiments, choix du matériel, organisation des tâches, circulation des engins… Autant d’éléments qui permettent de limiter les risques à la source.
     
  3. Former et sensibiliser dans la durée
    La formation régulière, le partage de bonnes pratiques et le rappel des règles de sécurité contribuent fortement à réduire la sinistralité, à condition de s’inscrire dans une démarche continue.

Accident du travail : les démarches à connaître 

En cas d’accident du travail, les démarches à engager dépendent de votre statut. 

Si l’accident concerne un salarié agricole

Lorsqu’un de vos salariés agricoles est victime d’un accident du travail, vous devez agir rapidement en tant qu’employeur : 

  • Déclarer l’accident à la MSA dans un délai de 48 h (hors week end et jours fériés) ; 
  • Remettre immédiatement au salarié la feuille d’accident du travail, qui lui permettra d’être pris en charge sans avance de frais ; 
  • Effectuer la déclaration en ligne depuis votre espace privé sur le site de la MSA.

Le salarié, de son côté, doit consulter un médecin et transmettre à la MSA le certificat médical initial (CMI).

Cas particuliers : les règles à connaître

Certaines situations spécifiques obéissent à des règles particulières. Voici les principales à garder en tête :

  • Salariés intérimaires : l’employeur doit prévenir l’agence d’intérim, la CARSAT et l’inspection du travail dans les 24 h
  • Stagiaires : l’établissement scolaire doit être informé de l’accident.
  • Accidents de trajet : les trajets domicile ↔ exploitation ou lieu de repas sont reconnus comme accidents de trajet, avec une procédure identique à un accident du travail.

Si vous êtes vous même victime d’un accident (chef d’exploitation / non salarié)

Les démarches s’effectuent à titre individuel. Vous devez :

  • Déclarer votre accident à la MSA dans les 8 jours ; 
  • Transmettre votre certificat médical initial ;
  • Faire la déclaration via votre espace privé exploitant sur le site de la MSA.

Ces éléments déclenchent l’instruction du dossier et conditionnent votre indemnisation.

L’essentiel à retenir pour prévenir les accidents du travail agricoles

Voici l’essentiel à garder en tête pour réduire les accidents du travail en agriculture :

  • Les machines, les chutes et les animaux restent les trois premières causes d’accidents graves.
  • 30 % des accidents mortels liés au travail sont des accidents routiers, qu’il s’agisse de trajets domicile–exploitation ou de déplacements professionnels.
  • La prévention repose d’abord sur des gestes simples : EPI adaptés, entretien régulier du matériel, organisation du travail, formations courtes et suivi médical.
  • La MSA accompagne les exploitants avec des diagnostics, formations et aides financières pour adapter les postes et réduire les risques.
  • En cas d’accident, respecter les délais de déclaration est indispensable pour garantir l’indemnisation du salarié ou de l’exploitant.

FAQ : tout comprendre sur les accidents du travail agricoles

  • 1. La MSA peut elle m’aider financièrement à prévenir les accidents ?

    Oui. La MSA propose régulièrement des aides à l’investissement (ex : subventions pour équipements de protection, aménagements de bâtiments, matériel d’élevage sécurisant). Ces dispositifs varient selon les caisses locales.

  • 2. Les saisonniers agricoles sont ils couverts de la même façon en cas d’accident du travail ?

    Oui, mais l’employeur doit impérativement les déclarer (DPAE). En cas d’accident, les démarches sont similaires à celles d’un salarié permanent, avec une prise en charge MSA.

  • 3. Que faire si l’accident survient alors que je travaille seul(e) ?

    Il est recommandé de mettre en place un dispositif d’alerte en isolement (DAI) ou une procédure interne (pointage, check téléphonique). En cas d’accident, il faut prévenir la MSA dans les délais habituels, même si personne n’a été témoin.

  • 4. Un accident peut il être reconnu même s’il n’y a pas d’arrêt de travail ?

    Oui. Un accident du travail peut être déclaré même sans arrêt, dès lors qu’un fait accidentel lié au travail a entraîné une lésion constatée par un médecin.

En agriculture, quelques gestes simples suffisent à renforcer efficacement la sécurité du quotidien : s’équiper, entretenir son matériel, organiser son travail et se former régulièrement. Avec l’appui de la MSA — diagnostics, conseils, aides — chaque exploitation peut mettre en place des solutions concrètes et adaptées. En cas d’accident, connaître les démarches et agir rapidement avec la MSA garantit une prise en charge efficace. Des gestes du quotidien qui protègent à la fois l’exploitation… et ceux qui y travaillent.

Sources : 
(1) Ministère de l’Agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté nationale – décembre 2025 - Accidents du travail, le monde agricole particulièrement touché
(2) Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine – octobre 2025 - Essentiel du risque routier professionnel : les chiffres clés de 2023

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